Ecole et cinéma 93 : Jeux d’images de Norman McLaren

Photogramme d'"Il était une chaise" de Claude Jutra et Norman McLaren, 1957

Photogramme d’Il était une chaise de Claude Jutra et Norman McLaren, 1957

« Mon but était d’essayer de faire comprendre au spectateur de façon très méthodique et très rigoureuse, comment s’établissent les correspondances entre le son et la musique »                                                 Norman McLaren cité sur le site Sonore Visuel

Projection-conférence :                                                                                               Jeux d’images de Norman McLaren                                                                            Programme de sept courts métrages                                                                              Cinéma l’Etoile de la Courneuve                                                                                          Jeudi 4 février 2016                                                                                                  Espace des Arts, salle Philippe Noiret des Pavillons sous bois                                              Lundi 15 février 2016

Document accompagnant la conférence Jeux d’images

Photogrammes de Blinkity Blankune histoire d’oiseau et d’un oiseau à l’autre – salade de fruits !

Un très beau documentaire animé sur l’oeuvre de Norman McLaren :

Les négatifs de McLaren par Marie-Josée Saint-Pierre, Office national du film du Canada

La méthode de travail de Norman McLaren pour dessiner du son :

Pen Point Percussion by Norman McLaren, National Film Board of Canada

Ravi Shankar a participé à la musique d’Il était une chaise.                                         Pour découvrir son instrument, le sitar :


Un album de Bruno Heitz explore aussi la révolte d’une chaise face à tous ces derrières impudents … très drôle !

Il était une chaise de Bruno Heitz, Editions Belize, 2007

Il était une chaise de Bruno Heitz, Editions Belize, 2007

Constanza Aguirre, artiste peintre

Vue de l'atelier de Constanza Aguirre à Saint Denis

Vue de l’atelier de Constanza Aguirre à Saint Denis, cahiers noirs et toile de la série « Les voix du fleuve » toile en cours de réalisation… décembre 2015

La création artistique et la réalité du monde sont liées inexorablement. Constanza Aguirre n’a pas attendu les derniers évènements qui secouent notre société pour produire un art engagé. Rencontrée lors de la Biennale de Villeneuve la Garenne en 2010, j’avais été marquée par ses grandes silhouettes noires qui magnifient les gestes du travail. Son exposition « Errance dans le pays de l’oubli » était en cours de réalisation. Quelques années plus tard, j’ai eu envie de mieux connaître son parcours et de découvrir ce qui l’anime aujourd’hui.

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Colombienne vivant en France depuis presque 30 ans, mon histoire, dont mon parcours artistique est partiellement le reflet, s’inscrit dans cette double matrice géographique avec les particularités propres à mon pays et les liens qu’il entretient avec la violence et l’oubli. De part cette histoire, la violence et l’oubli sont des sujets qui m’accompagnent tout au long de ma production picturale.

Qu’est-ce qui a été le plus formateur pour toi dans ton enfance ?

J’ai grandi dans un quartier de Bogota conçu et réalisé sur les principes des citées radieuses créées par Le Corbusier : le Centro Nariño. Ce quartier, véritable village à la verticale avec ses rues intérieures, ses services (écoles, commerces, cinémas…), avait la qualité de permettre aux enfants de se retrouver sur de grands espaces verts, boisés … où l’on apprenait la liberté de se déplacer, de se balader partout, d’aller au cinéma, de grimper aux arbres….

Le Centro Nariño d'Antonio Narino

Le Centro Nariño d’Antonio Narino

En habitant jeune ce quartier, j’ai l’impression d’avoir grandi sans contrainte et d’avoir découvert en groupe des réalités nouvelles … Cette enfance m’a certainement donné le goût pour une certaine forme de liberté et la volonté d’assumer ses responsabilités, dans la vie, dans le travail, dans la façon de produire des œuvres.

Une image qui t’accompagne…

Je dirai plutôt des images liées à mes recherches plastiques, artistiques. Ce sont des images qui sont censées soulever autant de questions que de réponses formelles. Ce ne sont jamais des images seules, isolées, abstraites d’un contexte, mais plutôt des images qui établissent, par le regard que je porte sur elles, un rapport avec ma recherche artistique. Mais elles peuvent aussi être persistantes, revenir de façon récurrente dans mes travaux, parfois après plusieurs années d’effacement … des images qui changent, qui se modifient avec le sujet traité …

Maison en ruines, Tlaxcala, 1955, de Juan Rulfo

Maison en ruines, Tlaxcala de Juan Rulfo, 1955

Bogotá, archive photographique de Sady González, avril 1948 

Bogotá, archive photographique de Sady González, avril 1948

“Que viva Mexico” de  Sergueï Eisenstein,  1931

“Que viva Mexico” de  Sergueï Eisenstein, 1931

Quand as-tu décidé que tu allais te consacrer à une carrière artistique ?

Très jeune, le dessin a été pour moi, un moyen d’expression privilégié. C’est pourquoi, dès mes 13 ans, j’ai voulu travailler ma technique. A l’époque, à Bogota, il n’y avait pas beaucoup de moyens, entre autres de communications,  pour découvrir le monde artistique. Il y avait très peu de galeries d’art, les musées n’étaient pas très riches en collections d’art contemporain, les revues étaient peu nombreuses et difficilement accessibles aux jeunes générations. Il n’y avait pas internet … Mais, à ce moment, certains peintres colombiens, ouvraient leurs ateliers et enseignaient à de petits groupes de jeunes gens attirés par les pratiques artistiques. Ainsi,  j’ai pu intégrer l’atelier du peintre David Manzur, qui tout en nous apprenant les techniques de dessin (c’est un grand dessinateur), nous faisait connaître l’actualité artistique (expositions nationales, internationales, critiques …) et découvrir les œuvres, la vie des maîtres anciens, des contemporains … souvent en projetant des films chez lui. Cela a été pour moi, une formation importante, tant sur le plan technique que culturel, et je crois que cela m’a aidé à faire les choix professionnels et de vie que j’ai faits ensuite.

Carnaval de David Manzur

Carnaval de David Manzur

Quelle formation spécifique as-tu suivie ?

Justement, ma formation initiale en Colombie et la découverte des courants artistiques contemporains, m’ont donné l’envie de poursuivre ma formation à l’étranger. J’hésitais entre l’Europe, où l’Italie et la France m’attiraient particulièrement, et l’Amérique du Nord. J’avais donc postulé dans différentes écoles des Beaux-Arts dans des pays qui m’intéressaient. L’Ecole du Musée De Beaux-Arts De Boston (School Of The Museum Of Fine Arts) m’ayant rapidement répondu favorablement je suis partie pour les Etats Unis où j’ai donc vécu 4 ans. J’y ai rencontré, à l’ occasion des ateliers de l’école, des artistes comme  Franck Stella, Davis Hockney, Marina Abramonic et Ullay …

As-tu des influences artistiques ?

Bien sûr. Elles sont diverses et elles dépendent aussi des périodes de création. Je peux citer le rôle de l’expressionnisme allemand auquel j’étais très attachée au début de ma trajectoire artistique, comme un certain nombre d’artistes sud-américains d’ailleurs. J’ai beaucoup étudié et je regarde encore souvent des artistes comme Emil Nolde, Otto Dix, Max Beckmann, Munch… pour leur façon d’exprimer, au travers d’une vision critique, la réalité du monde. J’aime leur univers artistique, sombre, la façon d’aborder et de traiter la couleur, l’usage plastique des noirs, les représentations de la figure…

La nuit de Max Beckmann, 1918-19

La nuit de Max Beckmann, 1918-19

Je peux aussi évoquer le mouvement américain de l’expressionnisme abstrait avec Willem de Kooning, Robert Motherwell … Mon travail sur grand format, la gestuelle picturale, ma façon d’utiliser la peinture ont certainement été influencés par les œuvres de ces artistes.

Elégie à la République espagnole de Robert Motherwell, 1976

Elégie à la République espagnole de Robert Motherwell, 1976

Et puis il y a aussi, Goya, son trait extraordinaire y compris dans son économie, l’usage de la tâche, ses noirs, ses bruns, sa façon d’aller à l’essentiel, sa liberté d’esprit, son engagement, la puissance de son discours … La création d’un univers fantastique et monstrueux qui transcendent le temps et qui ouvrent le monde de la peinture à la modernité. Je pourrai citer beaucoup d’autres artistes, des peintres, des écrivains … des courants artistiques qui m’ont et m’influencent aujourd’hui. Mais je crois qu’il est important de souligner que ces influences sont souvent « recherchées », c’est-à-dire qu’elles aident à préciser, renforcer les recherches formelles, les thèmes picturaux qui me sont chers, et que j’essaye sans cesse d’énoncer dans ma peinture.

Dès ton arrivée en France, tu as participé à des collectifs d’artistes comme L’usine éphémère dans le 19 ième arrondissement. Peux-tu nous parler de tes débuts d’artiste parisienne …

A la fin de mes études à Boston, ne voulant pas rester aux USA, j’avais décidé de venir en Europe pour poursuivre ma confrontation à la production artistique contemporaine et aux « classiques ». En 1986 je suis donc arrivée à Paris, encore hésitante quant au pays où « m’installer » ; la France, l’Italie, l’Espagne ? Je n’avais évidemment pas d’atelier et je ne connaissais pratiquement personne, à l’exception de quelques peintres colombiens, comme Luis Caballero, qui vivaient depuis un certain temps ici.  Cependant, un ami, m’avait dit l’importance en France de certaines manifestations artistiques comme le prix international de peinture de Vitry : Novembre à Vitry. J’ai donc décidé de présenter mes travaux à la sélection de cette même année.  Le jury était alors composé de  Valerio Adami, Ernest Pignon Ernest, Antonio Segui, Corneille … entre autres artistes. J’ai obtenu le premier prix avec l’artiste japonais, Noburu Kurosu. Ce prix a été une reconnaissance importante pour mon travail et il m’a permis de réaliser  une première exposition personnelle en France à la galerie municipal Jean Collet et de voir une de mes œuvres intégrer une collection publique importante; celle de la ville de Vitry.

Sans titre de Constanza Aguirre, 1986

Sans titre de Constanza Aguirre, 1986

Mais, outre cette reconnaissance, le Prix de Vitry m’a permis de « rentrer » dans le milieu artistique français. J’ai pu alors trouver un atelier dans le 11ème arrondissement. C’était un grand hangar que nous partagions à plusieurs artistes. L’hiver, le travail y était très difficile, il n’y avait bien évidement pas de chauffage, mais cette proximité avec d’autres peintres était très bénéfique, nous discutions beaucoup entre nous, et souvent d’autres artistes venaient nous voir. C’est comme cela que j’ai rencontré Caroline Andrieux qui m’a demandé de participer à Palliss’Art , évènement qu’elle organisait alors. Elle m’a ensuite proposé un atelier à l’Usine Ephemère. L’Usine Ephémère, située à proximité de la Place des Fêtes dans le 19ème dans les locaux d’une ancienne usine chimique, était un lieu de création collective idéal pour une jeune artiste étrangère comme moi. S’y retrouvaient des artistes de toutes disciplines, des peintres, des sculpteurs, des graphistes, des musiciens… On y échangeait idées, ambitions, techniques, travaux … dans une ambiance très agréable de travail permanent qui n’empêchait pas la fête.   C’est là aussi que j’ai appris le français … celui de la ville et celui de la rue.

Catalogue Paliss’art, co-édition DARE DARE et Groupe SEERI, 1987

Photo extraite du catalogue Paliss’art, co-édition DARE DARE et Groupe SEERI, 1987

J’aimerais que tu nous expliques le rôle de tes fameux «cahiers noirs».

Les cahiers noirs participent pleinement de mon processus de création. Avant de commencer mon travail pictural, je me plonge dans une recherche iconographique et je crée des associations entre des images, des textes divers : ce sont mes cahiers. Les cahiers noirs sont des livres accordéons constitués de photocopies d’images en noir et blanc que j’associe. Ils sont mes « travaux d’atelier » et de recherche pour arriver aux résultats (œuvres) que je produis. Les images sont d’origines diverses, documentaires, historiques, artistiques…

cahier noir

Pour cette série Anonymes, oubliés, disparus, apparus…tu as aussi proposé, pour la première fois, à des artistes d’autres disciplines, en l’occurrence deux écrivains et un musicien de collaborer à ton travail. Quels étaient les enjeux de ce travail collectif ?

Je voudrais citer ici, Gilles Deleuze pour éclairer cette démarche :                                         « Quand on travaille, on est forcément dans une solitude absolue. On ne peut pas faire école, ni faire partie d’une école. Il n’y a de travail que noir, et clandestin. Seulement c’est une solitude extrêmement peuplée. Non pas peuplée de rêves, de fantasmes ni de projets, mais de rencontres. Une rencontre, c’est peut-être la même chose qu’un devenir ou des noces. C’est du fond de cette solitude qu’on peut faire n’importe quelle rencontre. On rencontre des gens (et parfois sans les connaître ni les avoir jamais vus), mais aussi bien des mouvements, des idées, des événements, des entités. »                                  Dialogues de Gilles Deleuze et Claire Parnet, Champs essais, Editions Flammarion, 2008

Pour ce projet, je ressentais la nécessité d’une rupture : rupture artistique, rupture humaine (ce qui n’a rien à voir avec des questions personnelles). Inscrit dans la perspective d’une trilogie narrative, « Anonymes, oubliés, disparus, apparus » devait être un travail artistique affirmant plastiquement une dimension sociologique et anthropologique. C’était une évolution à la fois formelle et conceptuelle de mon travail. Pour cela j’avais décidé de faire appel à des créateurs pour qu’ils participent à la formulation, la formalisation et la réalisation de ce projet artistique. Je me suis donc mise à lire beaucoup d’écrivains contemporains, en particuliers africains que j’ai ensuite sollicités. C’est ainsi que j’ai rencontré Sami Tchack, Raharimanana et Nourredine Boutella pour la dimension sonore et musicale de cette œuvre. Plus tard, et de façon différente, j’ai rencontré le photographe Pierre Trovel que je connaissais depuis longtemps pour la réalisation du second volet de cette trilogie.

De la même façon, tu associes souvent à la présentation de tes oeuvres, des temps d’ateliers, des activités de création que tu animes avec des enfants et des jeunes…

Dans la mesure de possible, j’essayais toujours de le faire… Ça me parait normal de socialiser le travail artistique aussi bien par des expositions  que par des temps de diffusion, de présentation et de réalisation d’ateliers … avec des publics qui souvent n’ont pas accès à la diversité des productions plastiques. Je trouve particulièrement importantes et intéressantes ces rencontres entre des œuvres et des publics « néophytes ». Souvent la participation de ces publics à une réflexion collective façonne des points de vue nouveaux sur les œuvres. C’est pour moi un apport important à ma production. Mais je dois dire, que ces échanges, sont de plus en plus difficiles. L’enfermement social, la frilosité des institutions et des établissements publics (scolaires …), l’uniformisation par ce que l’on appelle la « pensée » dominante, les fausses contraintes économiques sont des obstacles de plus en plus importants à ces indispensables activités.

Atelier lié à l’exposition au Musée d’Art et d’Histoire de Saint Denis, 2006  Photo Pierre Trovel

Atelier lié à l’exposition au Musée d’Art et d’Histoire de Saint Denis, 2006, photo Pierre Trovel

Tu t’es aussi lancé dans l’aventure de l’édition avec la publication de deux livres d’artistes. Désires-tu par ce nouveau support pérenniser tes oeuvres ?

C’est effectivement une forme pour le faire. Mais pas seulement. Le livre permet de dire quelque chose de nouveau. Ce n’est pas un travail de critique, un regard extérieur sur ton œuvre. C’est une lecture proposée par l’artiste sur son propre travail. L’artiste effectue une sélection des œuvres, il choisit de les montrer dans leur intégralité ou d’en souligner un détail, il réfléchit à leur composition… Pour « Anonymes, oubliés, disparus, apparus » le livre réalisé a permis de publier l’intégralité des textes écrits pour ce projet. Le dispositif retenu pour les expositions en France comme à l’étranger ne le permettait pas. Enfin, on peut souligner qu’un livre permet de « donner accès » à de véritables œuvres dans des conditions économiques souvent abordables.

Anonymes, oubliés, apparus, disparus de Constanza Aguirre est un ouvrage édité par Taller Arte Dos Gráfico de Bogotá (Colombie) et Jean-François Parent (France), 2012

Anonymes, oubliés, apparus, disparus de Constanza Aguirre est un ouvrage édité par Taller Arte Dos Gráfico de Bogotá (Colombie) et Jean-François Parent (France), 2012

Tes projets actuels ?

Je mène de front deux projets. Je travaille à la production du dernier volet de la trilogie que j’ai commencé avec « Anonymes, oubliés, disparus, apparus ». La série « Errance dans le pays de l’oubli » est aujourd’hui terminée mais elle n’a été que partiellement exposée à la Biennale de Villeneuve la Garenne.

Errance dans le pays de l’oubli  de Constanza Aguirre

Errance dans le pays de l’oubli de Constanza Aguirre

Elle doit maintenant être vue dans sa totalité, et le troisième livre d’artiste correspondant doit être édité. C’est un gros travail, mais j’aimerais particulièrement l’exposer dans le cadre d’un festival de cinéma sur le travail, faire résonner mes tableaux avec des films comme « Riz amer » de Giuseppe de Santis par exemple.

Riz amer de Giuseppe de Santis, 1949

Riz amer de Giuseppe de Santis, 1949

Depuis un an je travaille sur un nouveau projet, « Les voix du fleuve », qui a pour « thème » les fleuves. Je suis dans mes cahiers noirs … où s’accumulent des images, des extraits de films, des dessins recueillis durant les différents voyages effectués sur le fleuve Atrato en Colombie. C’est une période de préparation, d’organisation, mais aussi de production. Mon retour à l’atelier, après chaque voyage, me permet de retrouver l’univers de la peinture. Ce projet, qui s’inscrit dans la continuité de ma démarche et de mon engagement artistique, est aussi une expérience nouvelle. La remontée du fleuve depuis l’embouchure à proximité du Panama, jusqu’à la capitale régionale Quibdo, m’a permis de réinterroger certaines façons d’aborder  des questions fondamentales du devenir de l’homme. Questions géopolitiques, politiques, sociales, environnementales … liées à l’histoire de mon pays mais surtout universelles. Tu peux voir, sur cette toile en chantier… ces corps charriés par le fleuve, cadavres sans noms, parfois bourreaux, parfois victimes, auxquels les habitants des villages donnent une sépulture ; arbres arrachés, … est-ce seulement l’histoire nationale colombienne ? Pour ce projet comme pour les précédents, je veux associer un écrivain chroniqueur, pour raconter l’actualité de ces territoires.

Une dernière question qui me semble importante pour comprendre les enjeux de ton travail, l’art et l’engagement social sont-ils indissociables pour toi ?

Je pense que la fonction de l’esprit, sa nature même, est d’être engagé, c’est-à-dire d’être critique (savoir faire le tri), de ne pas accepter d’être asservi ou aveuglé par ce que le monde renvoie. En ce sens, je crois être une artiste engagée, ce qui ne signifie pas être activiste. L’artiste n’est pas en dehors du monde qui l’environne, dans lequel il vit. Ce monde a donc une influence sur lui, sur son œuvre. Cette réalité, s’il en a conscience, l’oblige simultanément à se positionner, autant dans le monde que dans le rapport à l’histoire, dans le rapport qu’établit son œuvre avec l’histoire de l’art. Cet engagement, qui est le mien, je ne peux pas l’envisager en dehors du langage artistique que j’ai choisi pour m’exprimer, la peinture. C’est le langage qui me permet le mieux d’agir et de participer à la transformation de cet environnement qu’est le monde.

« Les devinettes en-chantées » à Noisy le Sec …

IMG_8806Les deux classes de CE1 de l’école élémentaire d’Estienne d’Orves entretiennent une relation privilégiée avec le cinéma le Trianon de Romainville : découvrir des films en salle, assister à des ateliers et participer au festival « Les enfants font leur cinéma ». Dans ce cadre, j’ai eu la mission d’organiser une journée d’initiation au cinéma d’animation.             A partir d’extraits de films, nous avons réfléchi dans un premier temps aux spécificités du cinéma « image par image » puis nous avons réalisé par petits groupes des devinettes afin que chacun puisse tester une technique d’animation…

Une vue des frères Lumière, un extrait du Royaume des chats, de La Nuit américaine ...

Une vue des frères Lumière, un extrait du Royaume des chats, de La Nuit américaine …

Pixillation...

Pixillation…

Papier découpé...

Papier découpé…

Dessin animé ...

Dessin animé …

Lentilles sur table lumineuse

Lentilles sur table lumineuse

Animation d'un gâteau et de cacahuètes ...

Animation d’un gâteau et de cacahuètes …

Silhouette sur table lumineuse

Silhouette sur table lumineuse

 

Papier découpé

Papier découpé

Pâte à modeler...

Pâte à modeler…

Enregistrement des chants...

Enregistrement des chants…

Chaque groupe évoque une chanson ou une comptine traditionnelle par une mini séquence animée et en fredonnant… Lorsque le point d’interrogation apparaît, vous avez une seconde pour réfléchir avant que la solution apparaisse à l’écran !                                 A vous de jouer !


« Souriez, vous êtes filmés ! » à l’école Guy Moquêt de Malakoff

ombre1Les deux classes de CP de Claudine Moissard et de Valérie Méridan sont engagées dans un très beau projet sur l’image, « Souriez, vous êtes filmés ! ». Dans ce cadre, je suis allée animer un atelier d’initiation au cinéma d’animation…

L’histoire des images qui bougent commencent très tôt… Lorsque l’homme a pris conscience de son ombre et de son potentiel créatif !

Oh ! La belle vache !

Oh ! La belle vache !

L'utilisation de marionnettes augmente encore les possibilités de création...

L’utilisation de marionnettes augmente encore les possibilités de création…

La découverte et la manipulation des jouets optiques du pré-cinéma provoquent un véritable émerveillement !

Du zootrope ...

Du zootrope …

... au folioscope.

… au folioscope.

Il ne nous reste plus qu’à réaliser une petite séquence animée pour parfaire cette matinée !

Les CPA en pleine action !

Les CPA en pleine action !


Les cpb au grand complet !

Les CPB au grand complet !

« Ecole et cinéma 79″ Le Cirque de Charles Chaplin

avant_premie_re_ » Un de mes amis a déclaré un jour que toutes les formes d’art sont des lettres d’amour que l’artiste adresse au monde. Mon moyen d’expression, c’est le cinéma, bien sûr. Je dois avouer que, pour un comique, s’exprimer par le biais d’un film n’a rien d’un exercice drôle. En règle générale, ceux de mes films qui ont le plus fait rire le public ont été les plus douloureux à réaliser. »                Charles Chaplin dans Les Archives Charlie Chaplin, 2015

« La lumière baisse, les rideaux s’écartent et l’organiste Henrietta Cameron commence son introduction musicale au Cirque de Chaplin.                                                                        Il est fabuleux ! Il fait toutes sortes de choses avec son corps et son visage. Il se tient droit comme un automate, fait virevolter sa canne, jaillit de la cage aux lions et grimpe à un poteau – je n’ai jamais rien vu d’aussi drôle. »                                                                                                                                              Dr Jerry et Mr Lewis, Stock-Cinéma, 1982

Projection – conférence                                                                                                Le Cirque de Charles Chaplin                                                                                       Cinéma Le Moulin du Roc à Niort                                                                            Mercredi 6 janvier 2016

Document accompagnant la conférence Le Cirque

Photogrammes Plans et angles de vue

La première apparition de Charlot au cinéma …

La légende de Guillaume Tell …

Illustration de Guillaume Tell Collection particulière AKG Berlin

Collection particulière AKG Berlin

A la fin du XIX ème siècle, les clowns Footit et Chocolat s’emparent de la légende de Guillaume Tell. Footit place une pomme sur la tête de Chocolat puis avec un fusil, il lui lance un jet d’eau à la figure. Finalement les deux clowns mangent la pomme ensemble…

Footit et Chocolat, Emile Reynaud, 1896

Footit et Chocolat, Emile Reynaud, 1896

Footit et Chocolat, Vue n°1141 des Frères Lumières, 1900

Footit et Chocolat, Vue n°1141 des Frères Lumières, 1900

Photogramme issu de rushes montrés dans la série "Chaplin inconnu"

Harry Lauder et Charles Chaplin, photogramme issu de rushes montrés dans la série « Chaplin inconnu »

Photogramme du Cirque de Chaplin, 1928

Photogramme du Cirque de Chaplin, 1928

Photogramme du Cirque de Chaplin, 1928

Photogramme du Cirque de Chaplin, 1928

Photogramme du Cirque de Chaplin, 1928

Photogramme du Cirque de Chaplin, 1928

De Guillaume Tell aux lanceurs de couteaux …

Les clowns de Federico Fellini, 1971

Les clowns de Federico Fellini, 1971

La fille sur le pont de Patrice Leconte, 1999

La fille sur le pont de Patrice Leconte, 1999

« Musique et cinéma » Master class du jour le plus court

Jacques Kermabon, Pierre-Luc Granjon, Timothée Jolly

Jacques Kermabon, Pierre-Luc Granjon et Timothée Jolly

Jacques Kermabon, rédacteur en chef du magazine Bref, rappelle que la musique fait partie intégrante du cinéma dès les premières projections du théâtre optique d’Emile Reynaud. Celui-ci avait en effet, demandé au compositeur Gaston Paulin, des partitions originales, pour accompagner au piano ses pantomimes lumineuses présentées au cabinet fantastique du musée Grévin. Après cette courte introduction historique, c’est la rencontre artistique entre le réalisateur Pierre-Luc Granjon et le compositeur Timothée Jolly qui est à l’honneur lors de cette master class dominicale présentée au Carreau du Temple : Comment la musique s’accorde au cinéma…                                                C’est dans la ville de Lyon que tout commence, Pierre-Luc Granjon est étudiant à l’école d’Arts Appliqués, il assiste aux ciné-spectacles donnés par La Cordonnerie, il apprécie particulièrement la musique créée par Timothée Jolly. Lorsqu’il écrit l’histoire de son premier court métrage, Petite escapade, il ne connaît rien à la post-production mais a envie de confier la musique de son film à Timothée et à son complice Denis Mignard. Ses directives sont très simples, il indique les morceaux qu’il aime le plus dans leur musique et précise les moments qui doivent être accompagnés…

Petite escapade de Pierre-Luc Granjon, 2001

Petite escapade de Pierre-Luc Granjon, 2001

La musique proposée est un hommage aux films muets. Les personnages qui défilent sur le trottoir, sous les yeux attentifs du jeune garçon, sont accompagnés chacun d’un instrument différent. Les instruments utilisés (scie musicale, batterie-bassine, ukulélé…) s’accordent parfaitement avec l’esprit fait main des décors et des personnages réalisés avec du grillage et du papier mâché.                                                                                  Quelques années plus tard, ils collaborent à nouveau pour le court métrage Le Loup blanc. Avant même de voir les premières images du film, Timothée envoie à Pierre-Luc un CD avec des musiques qu’il vient de composer. Pierre-Luc « flache » sur un morceau. Les accords se font par hasard, cette musique accompagnera la scène de l’enterrement.

Le loup blanc de Pierre-Luc Granjon, 2006

Le loup blanc de Pierre-Luc Granjon, 2006

Les premières minutes du court métrage sont visionnées avec uniquement la voix test. La projection intégrale de la version finale nous permet de prendre conscience de l’apport du bruitage et de la musique. Son utilisation est plus parcimonieuse que sur Petite escapade, l’usage de la musique ou son arrêt mettent en valeur une scène. L’absence de musique peut en effet provoquer l’imaginaire de chaque spectateur. Par exemple, la scène où le petit garçon galope sur le dos du loup n’a pas besoin d’un accompagnement musical, l’image se suffit à elle même. A l’inverse, la musique permet de créer des sensations profondes, Pierre-Luc voulait par exemple donner le sentiment que la forêt est un personnage en soi. Pour ce faire, les musiciens ont travaillé la matière sonore afin de créer des nappes de sons très graves en grattant les cordes du piano et du violoncelle. Le spectateur est plongé alors dans une expérience sensorielle totale.

Le temps est passé très vite en compagnie de ces deux complices qui manifestent un réel plaisir du travail partagé. Je ne sais pas si la musique s’accorde au cinéma, mais ce réalisateur là et ce compositeur là sont sur la même longueur d’onde artistique pour notre plus grand plaisir.

L’exposition Varda/ Cuba au Centre Pompidou

L'exposition Varda / Cuba au Centre Pompidou, 11/11/15- 01/ 02/16

L’exposition Varda / Cuba au Centre Pompidou, 11/11/15- 01/ 02/16

Agnès Varda effectua un séjour à Cuba à la fin de l’année 1962. De cette expérience, elle réalisa un film documentaire, Salut les Cubains, sortit en 1964. La nouvelle exposition de la galerie des photographes nous raconte la genèse passionnante de ce film. Son originalité est, qu’en dehors de quelques prises directes utilisées pendant le générique, il est constitué d’un montage d’images fixes. L’exposition met en scène le film terminé et un ensemble de photographies.

Vue générale de l'exposition Varda / Cuba

Vue générale de l’exposition Varda / Cuba

Certaines séquences ont été réalisées en rafale, notamment celles qui portent sur la danse ou sur le chanteur, Benny Moré. Dans le film, ces dernières reconstituent un mouvement saccadé, elles constitueraient de magnifiques flipbook !

Benny Moré par Agnès Varda, l'exposition Varda / Cuba au Centre Pompidou

Benny Moré par Agnès Varda, l’exposition Varda / Cuba au Centre Pompidou

L’exposition est accompagnée d’un très beau livre qui nous informe notamment sur l’importance de la musique pour le montage des images. Un regard et une voix singulière pour un très beau voyage !

Varda / Cuba , Editions du Centre Pompidou, Editions Xavier Barral, 2015

Varda / Cuba , Editions du Centre Pompidou, Editions Xavier Barral, 2015


« Ecole et cinéma 92″ Le Petit Fugitif

Joey3

 » … Little Fugitive appartient ainsi à un genre bien particulier qu’on pourrait appeler le double portrait. C’est le portrait documentaire d’un lieu, Coney Island et c’est en même temps celui d’un enfant, Joey. »               Emmanuel Siety

« L’idée de cette petite caméra est née grâce à Paul Strand, il m’a initié à la photographie… J’ai tourné ce film en pensant à des plans fixes. J’ai fait beaucoup de photos réalistes à Coney Island. Et ce n’était pas très différent. »            Morris Engel

Projection-conférence :                                                                                                     Le Petit Fugitif de Morris Engel, Ruth Orkin et Ray Ashley                                              Co-animée avec Marc Laugenie                                                                                Cinéma Jean Vigo de Gennevilliers                                                                            Samedi 12 décembre 2015                                                                                      Cinéma Le Rex de Châtenay-Malabry                                                                      Samedi 9 janvier 2016

Document accompagnant la conférence : Le Petit fugitif

Séquence : La fuite de Joey

Des photogrammes : la caméra et Joey

Entre photogrammes et photographies : jeux de miroir

Un film : Coney Island at Night d’ Edwin S Porter, 1905

Coney Island à travers la photographie : 

William Klein-Welcome to Coney Island 2013.jpg
William Klein-Mister Coney Island, 2013.jpg
Stephen Wilkes.jpg
William Klein-Luna Park, 2013.jpg
les chariots de chèvre, Coney Island, 1904.jpg
coney Island nuit 1905.jpg