Filmmuseum Eye d’Amsterdam 2

Solid light films and others Works d' Anthony MCCall 28.9/30.11.2014

Solid light films and others Works d’ Anthony MCCall 28.9/30.11.2014

Depuis ma première visite au musée du cinéma d’Amsterdam, je n’avais qu’une envie.     Y retourner ! C’est l’artiste britannique, Anthony McCall, qui investit les salles du Filmmuseum Eye jusqu’à fin novembre. J’étais impatiente d’interagir avec les différentes installations et de jouer avec les faisceaux lumineux ! Si plaisir il y a eu, je suis toutefois restée sur ma faim !

"Face to face" (II) 2014

« Face to face » (II) 2014

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Il est dommage de présenter ses anciennes oeuvres Line describing a cone et Four Projected Movements avec les moyens numériques actuels. J’avais envie de voir, de toucher, de sentir l’évolution de son travail et là tout est lissé ! Je voulais aussi découvrir ses projections verticales… Aucune n’est proposée !

Heureusement pour adoucir ma frustration, notre visite a lieu pendant le festival d’animation d’Amsterdam, Klik ! Une occasion rêvée de découvrir des petites merveilles qui jouent à leur tour avec la lumière et qui réinvestissent l’écran. Voici mes coups de coeur …

Le superbe clip de Darcy Prendergast tourné pendant six mois dans des entrepots abandonnés autour de Melbourne. Plus de 10000 photos ont été nécessaires à sa réalisation.

Les ondes fascinent aussi l’artiste américain Daniel Sierra, qu’elles soient visuelles ou sonores, leur fusion crée un spectacle envoûtant…


… L’hypnotique court métrage du talentueux Malcon Sutherland. Des formes colorées apparaissent sur un fond noir, mûes par un mouvement répétitif elles vont inéluctablement retournées dans le néant…

Et pour finir, le magnifique spectacle du cinéaste allemand Max Hattler. Un voyage record dans l’infiniment grand et l’infiniment petit qui mérite amplement ce titre à rallonge !

Small Universe d’Erik Kessels, Arles 2014

Arles, septembre 2014

Arles, septembre 2014

Collectionneur et spécialiste de la photo amateur, Erik Kessel est un habitué des rencontres d’Arles. Cette année, ce n’est pas une installation sur la photographie vernaculaire qu’il présente mais les travaux de neuf artistes hollandais réunis sous son regard décalé …

 » Les hollandais font partie des gens les plus grands de la planète, et pourtant ils vivent dans l’un des plus petits pays du monde …  »            la suite

Présentation subjective de l’exploration de ce Petit univers.

La pièce consacrée à Hans Eijkelboom est au coeur de ce parcours. Ses toutes premières séries sont à l’honneur. Elles sont emblématiques de son travail. Hans Eijkelboom suit pour chacune d’elle un protocole dans lequel il se met en scène pour interroger son identité et ses relations aux autres.

Hans Eijkelboom, Identités, 1976

Hans Eijkelboom, Identity, 1976

Par exemple, pour la série Identity, il demande à dix anciennes connaissances les souvenirs qu’elles gardent de lui et quel pourrait être son métier actuel. Il se déguise en chacune des propositions et réalise un autoportrait en bucheron, en pilier de bar, en policier… Ses correspondants reçoivent ensuite une lettre avec ces mots : tu as complètement deviné, voici une photo de moi.

Hans Eijkelboom, tenue à 10 euros, 2005-2006

Hans Eijkelboom, 10-euro outfits, 2005-2006

La série 10-euros outfits date quant à elle des années 2000. Hans Eijkelboom se photographie dans la rue avec une nouvelle tenue dont le prix ne doit pas excéder 10 euros. Ces trente-deux nouveaux autoportraits participent aux récents travaux de Hans Eijkelboom qui interrogent les choix vestimentaires dans la construction de l’identité individuelle et collective.

Erik Fens reprend quant à lui le geste fondateur des premiers photographes ; photographier de son balcon. Ce lieu familier lui permet d’observer tout à loisir le reflet d’un arbre sur le capot des voitures garées à son pied. La fusion de l’arbre et de la voiture est à chaque cliché renouvelée. Erok Fens joue avec la qualité de la lumière, la couleur des carrosseries et le cadrage. La répétition est ici poétique… Ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre.

Erik Fens, Tree car

Erik Fens, Tree car

Face à l’oeuvre de Hans de Vries, j’ai le sentiment de me trouver face à un objet non identifié. Quelques explications s’imposent… Cet artiste atypique est actif dans les années 70. Il porte une attention accrue à certains éléments de sa vie quotidienne. Il possède avec son épouse un magnifique géranium. Généreux, ils décident de faire des boutures pour partager avec leur proche le plaisir que leur apporte cette plante.

Hans de Vries, the history of the lemon geranium

Hans de Vries, the history of the lemon geranium

Hans de Vries, the history of the lemon geranium

Hans de Vries, the history of the lemon geranium

La plante devient un vrai personnage, Hans de Vries s’informe régulièrement de l’évolution des boutures. Ses notes manuscrites et ses photos constituent le journal de bord de cette étrange lignée. Il élabore peu à peu un réseau qui n’a rien de virtuel.

Jos Houweling et Hans Van Der Meer établissent tous les deux une typologie photographique de l’espace urbain. La confrontation de leur travaux est intéressante. Jos Houweling réalise ses prises de vue dans la capitale hollandaise au début des années 70, la municipalité d’Amsterdam ayant souhaité publier un livre à l’occasion des 700 ans de la ville.

Jos Houweling, 700 cents, 1975

Jos Houweling, 700 cents, 1975

Jos Houweling dresse un inventaire à la Prévert, il prend en cadrage serré des ensembles de plaques d’égout, d’horloges, de landaus, d’habitants à leur fenêtre… Ses juxtapositions forment un ensemble très vivant où la diversité règne. Trente plus tard, Hans Van Der Meer s’intéresse quant à lui aux villes moyennes des Pays Bas.

Hans Van Der Meer, The netherlands of the shelf, 2008

Hans Van Der Meer, The netherlands of the shelf, 2008

Sa démarche est tout autre. Il prend essentiellement des places en plan large, son point de vue est légèrement surélevé. A partir de cet ensemble de photographies, il établit une typologie du matériel urbain sous la forme d’un catalogue glacé et glaçant. On est très loin de la fantaisie des années 70.

Maurice Van Es et Milou Abel explorent la relation du photographe avec son modèle. Pour l’un c’est son jeune frère adolescent réfractaire à toute photo, pour l’autre c’est une inconnue étrange repérée dans la rue. Quelle distance, quel point de vue et quelle empathie adoptent-ils pour nous raconter un moment de leur histoire ?

Maurice Van Es, New life, 2011-2013

Maurice Van Es, New life, 2011-2013

Milou Abel, I'm you, 2011

Milou Abel, Ik ben jou, 2011

Avant de se présenter sous la forme d’une installation, le projet Ik ben jou de Milou Abel a fait l’objet d’un très beau livre à double reliure. Les photographies de Milou Abel s’entrelacent avec des photographies personnelles du modèle. Le jeu de dévoilement et de recouvrement est passionnant.

Mon parcours se termine sur les visages en pleurs de Mélanie Bonajo.

Mélanie Bonajo, Thank you for hurting me, I really needed that, 2009

Mélanie Bonajo, Thank you for hurting me, I really needed that, 2009

Elle prend le contrepied de la « smile photography ». Quelle image de soi expose-t-on au regard des autres ? De quels moments de sa vie désire-t-on garder des traces ?

Je n’ai pas vu le diaporama de Sema Bekirovic à l’atelier de chaudronnerie d’Arles. De gros orages ayant perturbé l’installation électrique, le mur est resté désespérément blanc lors de ma visite. La découverte de ce projet est donc différée.

Sema Bekirovic, Koet, 2006-2007

Sema Bekirovic, Koet, 2006-2007

Je n’aurai pas à attendre longtemps car l’exposition Small Universe est accueillie pendant un mois au 104 à partir du 13 novembre. Qu’on se le dise !

De Comrades à Sils Maria …

Comrades de Bill Douglas, 1986, sortie cinéma en France juillet 2014

Comrades de Bill Douglas, 1986, sortie cinéma en France le 23 juillet 2014

Après un sevrage cinématographique de plusieurs semaines, je retrouve avec plaisir l’obscurité des salles de cinéma pour découvrir la version restaurée du dernier film de Bill Douglas, Comrades. Un bonheur total ! Raconter l’histoire vraie de ces laboureurs anglais par l’intermédiaire d’un montreur de lanterne magique itinérant est une très belle idée de mise en scène. La révolution industrielle qui bouleverse l’organisation du travail est aussi porteuse du développement d’une nouvelle industrie, celle des médias ! Tout au long de son film, Bill Douglas présente un florilège d’appareils optiques qui annoncent l’avènement du cinéma. Un seul acteur, Alex Norton, incarne les différents « montreurs d’images » qui croisent les laboureurs de Tolpuddle tout au long de leur lutte. Chacune de ses apparitions est captivante. En voici quelques unes …

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Le thaumatrope dans Comrades

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Après des années de déportation en Australie, les laboureurs de Tolpuddle retrouvent leur liberté et leur dignité parce qu’on parle d’eux ! Des comités de soutien fleurissent dans toute l’Angleterre, des journaux prennent position… Les images comme les mots peuvent être au service des puissants, ils peuvent aussi être un outil d’information et d’émancipation…

Peu de temps après, je vais voir le dernier film d’Olivier Assayas, Sils Maria. Au delà de l’histoire fascinante de l’actrice Maria Enders, j’ai le sentiment étrange qu’Olivier Assayas prend le relais de Bill Douglas, les appareils optiques laissant la place aux objets technologiques. Il est toujours troublant de constater l’impact d’une oeuvre sur la vision d’une autre.

Sils Maria d'Olivier Assayas, 20 août 2014

Sils Maria d’Olivier Assayas, 20 août 2014

Le lieu principal du récit est lié à un documentaire tourné dans les années 20 par le réalisateur allemand, Arnold Franck. Assayas montre à plusieurs reprises un extrait de ce film, il enregistre lui même le fabuleux phénomème météorologique. Le regard d’Assayas n’est pas pour autant nostalgique, les images anciennes sont ici des sources d’inspiration pour de nouvelles créations.

Le phénomène nuageux de Makoja de Franck Arnold, 1924

Le phénomène nuageux de Maloja de Franck Arnold, 1924

Car ce sont bien les images contemporaines qui intéressent Olivier Assayas. Si le cinéma et la télévision sont toujours présents, ce sont les téléphones portables et les tablettes numériques qui envahissent la vie des personnages et les plans du film.

Sils Maria

Sils Maria2

 Dans quelles mesures les flux d’information et d’images influent-ils sur notre perception du monde et notre relation à l’autre quand tout un chacun peut être un producteur et un récepteur de ces fameux flux ? Star ou anonyme, même combat… Etre vu sur les réseaux sociaux quel qu’en soit le prix.

Tunisie, 24 août 2011 http://tunisiagraffitiproject.wordpress.com/tag/revolution/

Tunisie, 24 août 2011 http://tunisiagraffitiproject.wordpress.com/tag/revolution/

Comrades et Sils Maria … Deux films, deux univers, deux réalisateurs qui inaugurent une belle rentrée cinématographique.

Le cinéma d’animation en 1964 …

La sirène d'Osamu Tezuka, 1964

La sirène d’Osamu Tezuka, 1964

Pour des raisons très personnelles, je me suis amusée à rechercher quels étaient les films d’animation sortis en 1964. Je me suis attachée aux courts métrages qui représentent l’essentiel de la production. De nombreuses découvertes avec parfois de très jolis cadeaux… Liste non exhaustive qui ne demande qu’à s’enrichir …

La sirène d’Osamu Tezuka, Japon

Mémoire d’Osamu Tezuka, Japon

A.O.S de Yoji Kuri, Japon

The Pink Phink de Friz Freleng, Etats-Unis

Canon de Norman Mac Laren, Canada

Vau-Vau de Boris Kolar, Croatie

Une histoire romantique de Gyula Macskassy, Hongrie

L’ourson (Toptyzka) de Fyodor Khitrouk, Russie

La pie voleuse d’Emanuele Luzzati et Giulio Gianini, Italie

Les jeux des anges de Walerian Borowczyk, Pologne-France

Les temps morts de René Laloux, France

Les oiseaux sont des cons de Chaval, France

Et aussi …

Le dernier truc de M.Schwarzwald et de M.Edgar de Jan Svankmajer, Tchécoslovaquie

1964

J’aime la pub …

La petite Robe noire de Guerlain, dessin de Florence Deygas, 2013

La petite Robe noire de Guerlain, dessin de Florence Deygas, 2013

… Quand elle fait des clins d’oeil au cinéma d’animation et aux illusions d’optique …

L’ai-je choisi pour sa fragrance ou ai-je été influencée par cette publicité légère et joyeuse…   La petite robe noire m’accompagne chaque jour et j’attends avec impatience les nouvelles propositions du duo Kuntzel et Deygas …


Les artistes au travail …


Fan de flipbook, j’ai adoré retrouver cette animation dans une des dernières pubs Mac Do, vue au cinéma. Promis, je n’augmente pas pour autant ma consommation de hamburger, je ne pourrai plus mettre ma petite robe noire !


Si comme moi, vous avez aimé La grande aventure Légo, vous aurez peut-être envie de connaître les fondateurs de la fameuse petite brique. Kim Pagel a réalisé ce petit bijou en 2012 pour les 80 ans de la firme danoise, intéressant !


Passionnée par les images cachées et la bière, j’apprécie particulièrement le dernier visuel de la Leffe Royal  qui a envahi les abris bus …

Leffe Royal

Une autre petite merveille d’image cachée … et pas besoin de lunettes pour la voir !


La dernière pub (juillet 2014 au cinéma) pour le parfum Lacoste live s’inspire fortement des travaux de Georges Rousse… Anamorphose réalisée par l’artiste graffeur Zoer.


motion factory à la Gaîté lyrique

Factory

Affiche réalisée par Kyle Bean, motion factory, Gaîté lyrique Avril 2014

La Gaîté lyrique, espace dédié aux arts numériques, accueille jusqu’à la mi-août une exposition sur le cinéma d’animation. L’affiche présentant l’évènement a envahi les murs du métro, c’est elle qui a attiré mon attention. A mille lieux de la froideur des objets high-tech, c’est une jolie caméra en bois avec quelques touches de couleurs primaires qui est représentée. Image décalée, ludique et esthétique qui annonce parfaitement la suite ! J’ai été très sensible aux choix du commissaire de l’exposition, mettre en valeur le travail d’animateurs contemporains qui utilisent les technologies de pointe tout en manipulant des objets concrets. Ces objets sont au coeur de l’exposition, décors et personnages réalisés en diverses matières : papier, carton, bois, laine, sucre … Les petits formats ont été aussi privilégiés : clip vidéo, spot publicitaire … Mis à part les vétérans du groupe, Vincent Patar et Stéphane Aubier, aucun nom ne m’était connu ! Une salle de projection complète l’exposition, une nouvelle visite s’imposera pour découvrir tous les trésors sélectionnés. En attendant quelques coups de coeur !

Le premier a été vu des millions de fois sur Internet. C’est la dernière publicité pour une chaîne de grands magasins anglais, John Lewis. Il a été réalisé par le commissaire de l’exposition Yves Geleyn et son complice anglais Elliott Dear. Vous avez tous deviné ?

"The bear and the hare" d'Elliot Dear et Yves Geleyn

« The bear and the hare » d’Elliot Dear et Yves Geleyn, motion factory, Gaîté lyrique  Avril 2014

Ce qui me fascine dans ce mini film est la qualité de la lumière. Remarque qui pourrait s’appliquer à bon nombre de films présentés. Un des avantages de créer avec une matière réelle est justement ce jeu possible avec la lumière !




Dans un genre différent, le lancer de toupie ne m’avait jamais propulsé aussi loin ! Voyage vers un monde onirique, voir psychédélique …

38-39°C de Kangmin Kim, Motion Factory, Gaîté lyrique

38-39°C de Kangmin Kim, Motion Factory, Gaîté lyrique, avril 2014


En regardant la vitrine dédiée à Joseph Mann, j’ai pensé au film Perdu, retrouvé de son compatriote Philip Hunt mais c’est une tout autre histoire que nous raconte Sandy ! Vive la plage pour tous !

Sandy de Joseph Mann

Sandy de Joseph Mann, Motion Factory, Gaîté lyrique, avril 2014



Pour finir, j’ai beaucoup aimé  Protéigon de Steven Briand. Ce court projeté dans la sélection de la société de production Partizan m’enchante pour son lien entre cinéma et magie…

Vous l’aurez compris, une exposition à voir et à revoir !

New York dans l’oeil de la caméra…

IMG_2505New York et la découverte d’une ville à travers le regard des photographes et des cinéastes qui l’ont arpentée avant moi … Alfred Stieglitz, Edward Steichen, Berenice Abbott, Walker Evans, Paul Strand, Lewis Hine, Diane Arbus, Garry Winogrand, Lee Friedlander, William Klein, Paul Graham … Impossible de faire une liste exhaustive des photographes qui ont capturé l’image filante d’une ville fascinante par son architecture et ses habitants ! Mais plus encore que des photographies, ce sont des extraits de films qui sont imprimés dans ma mémoire. Petite sélection personnelle des lieux de New York qui ont une empreinte cinématographique …

La gare de Grand Central dans "La mort aux trousses" d'Alfred Hitchcock, 1959

La gare de Grand Central dans « La mort aux trousses » d’Alfred Hitchcock, 1959

Parc Battery dans "Recherche Susan désespérément" de Susan Seidelman, 1985

Parc Battery dans « Recherche Susan désespérément » de Susan Seidelman, 1985

Tiffany and Co dans "Diamants sur canapé" de Blake Edwards, 1961

Tiffany and Co dans « Diamants sur canapé » de Blake Edwards, 1961

Central Park dans "Marathon Man" de John Schlesinger, 1976

Central Park dans « Marathon Man » de John Schlesinger, 1976

L'Empire State Building dans "Alice dans les villes" de Wim Wenders, 1974

L’Empire State Building dans « Alice dans les villes » de Wim Wenders, 1974

Réminiscence d’images mais envie aussi d’en découvrir d’autres dans la rue et dans les musées. Ma première visite est pour l’ICP, l’International Center of Photography. Une exposition est consacrée aux photographies en couleur de Robert Capa. Une découverte totale ! Dès 1938, Capa explore les possibilités offertes par les films Kodachrome et très vite il se déplace avec deux appareils chargés respectivement d’une pellicule en noir et blanc et d’une pellicule couleur. Photo journaliste reconnu après ses reportages sur la guerre d’Espagne, il a beaucoup de mal à faire publier ses photographies couleurs. Pour de nombreux responsables de la presse, la couleur est associée à la publicité, le « noir et blanc » étant lui, lié aux sujets plus sérieux. Ce sont des revues comme Holiday ou Look qui publient les photographies effectuées lors de ses nombreux voyages en France , en Italie, en Norvège, en Hongrie, en Israël …

Vue de l'exposition " Capa in color" à l'ICP, avril 2013

Exposition « Capa in color » à l’ICP, avril 2013

Exposition "Capa in color", avril 20

Exposition « Capa in color »à l’ICP, avril 2013

Une belle occasion aussi de découvrir ses talents de portraitiste que ce soit avec des mannequins posant pour des photos de mode ou avec ses amis artistes. Les photographies de l’exposition sont en ligne sur le site Magnum, à voir !

Picasso jouant avec son fils Claude, Vallauris, 1948, © Robert Capa © ICP

Picasso jouant avec son fils Claude, Vallauris, 1948, © Robert Capa © ICP

Capucine à Rome, 1951, © Robert Capa, © ICP

Capucine à Rome, 1951, © Robert Capa, © ICP

Si aucun autre musée n’est consacré exclusivement à la photographie, j’ai eu beaucoup de plaisir à parcourir les expos permanentes ou temporaires du Whitney Museum of American Art, du Guggenheim Museum, du MoMA et du Met… Pour rester dans la photographie couleur, le face à face dans la même pièce des photographies de William Eggleston et des peintures d’Edward Hopper est une expérience riche en correspondance.

Railroad Crossing d'Edward Hopper, 1922-1923

Railroad Crossing d’Edward Hopper, 1922-1923

Untitled (Ground view of street) de William Eggleston, 1970

Untitled (Ground view of street) de William Eggleston, 1970

Un petit tour à la Biennale d’art contemporain du Whitney Museum s’impose. Etrange, ce sont les artistes photographes qui ont retenu le plus mon attention… Zoe Leonard et sa camera obscura ( j’adore ! ), Sarah Charlesworth, Dawoud Bey et Stephen Berens.

945, Madison Avenue de Zoe Leonard, 2014, Withney Museum

945, Madison Avenue de Zoe Leonard, 2014, Withney Museum

Work in progress (camera work) de Sarah Charlesworth, 2009

Work in progress (camera work) de Sarah Charlesworth, 2009

Maxime Adams et Amelia Maxwel (Birmingham projet), Dawoud Bey, 2012

Maxine Adams et Amelia Maxwel (Birmingham projet), Dawoud Bey, 2012

40 vues de Rome de Stephen Berens, 2005

40 vues de Rome de Stephen Berens, 2005

Je suis aussi fascinée par les illusions visuelles de Miljohn Ruperto. On peut voir tout d’abord une série de photographies de plantes intitulée « études botaniques Voynich ». Les photos sont magnifiques, le travail sur la lumière est extraordinaire mais lorsqu’on regarde un peu plus attentivement les fleurs représentées, un doute s’installe sur la réalité de ce que l’on voit …

Etudes botaniques Voynich de Miljohn Ruperto et Ulrick Heltoft, 2013

Etudes botaniques Voynich de Miljohn Ruperto et Ulrick Heltoft, 2013

Etudes botaniques Voynich de Miljohn Ruperto et Ulrick Heltoft, 2013

Etudes botaniques Voynich de Miljohn Ruperto et Ulrick Heltoft, 2013

Un coup d’oeil au cartel nous apprend que ces photographies sont à l’origine des illustrations d’un manuscrit du 16 ième siècle dont on n’a jamais percé le secret ! A partir de ces dessins de plantes inconnues, Miljohn Ruperto et son complice Ulrick Heltoft ont créé des plantes en 3D qui ont été ensuite photographiées en argentique … Je suis aussi très attirée par la vidéo « Janus » qui reprend la célèbre image ambiguë du « lapin-canard ».

Lapin-canard, Fliegende Blätter, 1892

Lapin-canard, Fliegende Blätter, 1892

Troublant de voir notre perception changée au rythme de la respiration de cet étrange hybride blessé … Pour le voir s’animer quelques secondes, cliquez ! Janus

Janus de Miljohn Ruperto, animé par Aimée de Jongh, 2014

Janus de Miljohn Ruperto, animé par Aimée de Jongh, 2014

Au MoMA, j’ai été particulièrement sensible à l’expression du mouvement dans de nombreuses oeuvres sélectionnées pour l’exposition Un monde à part: les pratiques photographiques dans le studio. Les photographies multiflash d’Harold Edgerton, les séquences photographiques d’Eadweard Muybridge à John Balessari et la vidéo de Peter Fischli et David Weiss…

Cockatoo vol: Plaque 762 de Animal Locomotion d'Eadweard Muybridge, 1884_1886

Cockatoo vol: Plaque 762 de Animal Locomotion d’Eadweard Muybridge, 1884_1886

Golfeur d'Harold Edgerton, 1937

Golfeur d’Harold Edgerton, 1937

Charlie Chaplin d'Edward Steichen, 1931

Charlie Chaplin d’Edward Steichen, 1931

Dropping Milk de William Wegman, 1971

Dropping Milk de William Wegman, 1971

Kitchen Frenzy d'Anna et Bernhard Blume, 1986

Kitchen Frenzy d’Anna et Bernhard Blume, 1986

Throwing four balls in the air to get a square de John Baldessari, 1972-73

Throwing four balls in the air to get a square de John Baldessari, 1972-73

Extrait de 3 min de la vidéo « The way things go » de Peter Fischli et David Weiss, 1987        (30 min)


Et encore… Carrie Mae Weems au Guggenheim museum, Marville et Kentridge au Met !

Kitchen table séries de Carrie Mae Weems, 1990

Kitchen table séries de Carrie Mae Weems, 1990

Les rives de la Bièvre de Charles Marville, 1862

Les rives de la Bièvre de Charles Marville, 1862

The refusal of time de William Kentridge, 2012

The refusal of time de William Kentridge, 2012

J’ai aussi beaucoup apprécié jouer au MoMA Art Lab et au musée du cinéma ! Réaliser des petites séances animées et des flipbook photographiques, jouer avec la bande son des films, je ne m’en lasse pas !

Moma

MoMa Art Lab, atelier cinéma d’animation

Cliquez ! ça bouge !

Atelier bruitage au musée du cinéma Kaufman Asturia

Atelier bruitage au musée du cinéma Kaufman Asturia

De retour en France, je me précipite pour voir « Les amants électriques » de Bill Plymton, le voyage se poursuit …

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Le musée imaginaire d’Henri Langlois

IMG_2188Je vous invite à courir voir l’exposition consacrée à Henri Langlois. Pour le plaisir des yeux tout d’abord ! Le montage réalisé par Dominique Païni est un pur bonheur visuel. Un kaléidoscope d’oeuvres récentes côtoie les oeuvres aimées et défendues par Langlois. Une jolie manière de fêter ses 100 ans sans le plonger dans la naphtaline.

Donne-moi tes yeux © Henri  Foucault

Donne-moi tes yeux © Henri Foucault

Toutes les images passionnaient Langlois, les extraits de films partagent l’espace d’exposition avec les planches colorées de Matisse, les peintures de Gino Severini, les « rotoreliefs » de Marcel Duchamp, les dessins de Fischinger, les photographies de Germaine Krull… Langlois ne doutait pas que le cinéma est un art, si la salle de cinéma est son espace naturel, le musée est sa deuxième maison.

Victor Vasarely, essai de logo pour le musée du cinéma © ADAGP, Paris, 2014

Victor Vasarely, essai de logo pour le musée du cinéma © ADAGP, Paris, 2014

L’exposition permet aussi d’aller à l’essentiel. Au-delà des anecdotes, que retient-on de cet homme ? C’était un acharné, il s’est donné très jeune une mission, sauver les films de la destruction et de l’oubli. Pour cela il a consacré sa vie à collecter inlassablement les bobines des films pour pouvoir les montrer. Il n’était pas un archiviste mais un passeur. La mémoire des hommes est encore le lieu de stockage le plus sûr ! La vitrine consacrée aux listes des programmes cinéma conçus par Langlois est le coeur de l’exposition, j’ai été particulièrement touchée par la place qu’il accordait aux films d’animation… Grimault et Alexeieff sont programmés avec Renoir, Bunuel, Vigo …

Exposition du dessin animé1945-46 © ADAGP, Paris, 2014

Exposition du dessin animé 1945-46 © ADAGP, Paris, 2014

Une autre idée forte qu’il défendait concerne la naissance du cinéma. Si le 28 décembre 1895 est une date clef, elle n’est pas pour lui fondatrice. J’aime cette idée d’un cinéma latent à l’humanité, présent dès les premières ombres vacillantes… Il collectait  les lanternes magiques et les jouets optiques avec frénésie. On peut admirer nombre de ces objets dans l’exposition permanente de la cinémathèque… Il a exposé et défendu les oeuvres des pionniers de l’art animé, Emile Reynaud, Etienne-Jules Marey, Emile Cohl…

Dessin de Marc Chagall, 1955 © ADAGP, Paris 2014

Dessin de Marc Chagall, 1955 © ADAGP, Paris 2014

Le plaisir de l’exposition est prolongé par le catalogue qui l’accompagne. Aucune envie de résister à cette très belle couverture ! Il vous faudra quitter l’écran de votre ordinateur et vous déplacer dans une librairie pour sentir sous vos doigts le papier glacé de la photo s’opposant au contact duveteux du carton… Après avoir joué avec l’élastique vous découvrirez un ensemble de témoignages qui compose peu à peu le portrait passionnant d’un homme aux multiples facettes. Vive Langlois ! Vive la cinémathèque !

catalogue

Vive Langlois de Basile Pasch, 1968

Vive Langlois de Basile Pasch, 1968