Les appareils de cinéma au Eye d’Amsterdam

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caméra 35 mm, Mitchell (1935) au fond,  projecteur 16 mm sonore, Holmes ( 1930) au premier plan

La nouvelle présentation de l’exposition permanente du musée du cinéma met à l’honneur les appareils du pré-cinéma et les caméras mythiques… Une très belle double lanterne magique rappelle le rôle essentiel des savants hollandais, Christiaan Huygens et Pieter Van Musschenbroek, dans les premières projections animées.

lanterne magiqueLa superposition de deux plaques, l’une fixe et l’autre mobile, permet d’ingénieuses scènes que nous pouvons admirer grâce à une projection en boucle de 10 minutes qui met en valeur une partie de la collection du musée. Voici mes trois scènes préférées !


Musique : http://www.musicscreen.be/  Enfance et soupires sous licence creative commons

Un mutoscope en tôle peinte, un diorama du XVIIIe, un zootrope et un stéréoscope complètent cette belle présentation de jouets optiques.

Mutoscope "the waiter de Charlie Chaplin, 1914

Mutoscope « the waiter » de Charlie Chaplin, 1914     détail

Dans le second espace, je suis attirée par un cube qui s’avère être une caméra portative conçue par l’inventeur Emanuel Goldberg au début des années 20. Joris Ivens l’a utilisée pour réaliser son film sur le pont ferroviaire métallique de Rotterdam.

caméra 35 mm, Kinamo (1922)

caméra 35 mm, Kinamo (1922)

Dès les premières images du film, Joris Ivens se met en scène portant à la main la Kinamo qui va lui permettre de multiplier les points de vue du pont et de réaliser un documentaire au montage vif et saccadé. Il est « l’homme à la caméra » avant Dziga Vertov !

Photogramme "Le pont" de Joris Ivens, 1928

Photogramme « Le pont » de Joris Ivens, 1928


A partir du mois de juin, le Jeu de Paume présente une exposition consacrée à la photographe Germaine Krull. L’occasion de croiser les regards de ces deux artistes sur cette construction métallique.

"Métal" de Germaine Krull, 1928

« Métal » de Germaine Krull, 1928

Filmmuseum Eye d’Amsterdam 2

Solid light films and others Works d' Anthony MCCall 28.9/30.11.2014

Solid light films and others Works d’ Anthony MCCall 28.9/30.11.2014

Depuis ma première visite au musée du cinéma d’Amsterdam, je n’avais qu’une envie.     Y retourner ! C’est l’artiste britannique, Anthony McCall, qui investit les salles du Filmmuseum Eye jusqu’à fin novembre. J’étais impatiente d’interagir avec les différentes installations et de jouer avec les faisceaux lumineux ! Si plaisir il y a eu, je suis toutefois restée sur ma faim !

"Face to face" (II) 2014

« Face to face » (II) 2014

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Il est dommage de présenter ses anciennes oeuvres Line describing a cone et Four Projected Movements avec les moyens numériques actuels. J’avais envie de voir, de toucher, de sentir l’évolution de son travail et là tout est lissé ! Je voulais aussi découvrir ses projections verticales… Aucune n’est proposée !

Heureusement pour adoucir ma frustration, notre visite a lieu pendant le festival d’animation d’Amsterdam, Klik ! Une occasion rêvée de découvrir des petites merveilles qui jouent à leur tour avec la lumière et qui réinvestissent l’écran. Voici mes coups de coeur …

Le superbe clip de Darcy Prendergast tourné pendant six mois dans des entrepots abandonnés autour de Melbourne. Plus de 10000 photos ont été nécessaires à sa réalisation.

Les ondes fascinent aussi l’artiste américain Daniel Sierra, qu’elles soient visuelles ou sonores, leur fusion crée un spectacle envoûtant…


… L’hypnotique court métrage du talentueux Malcon Sutherland. Des formes colorées apparaissent sur un fond noir, mûes par un mouvement répétitif elles vont inéluctablement retournées dans le néant…

Et pour finir, le magnifique spectacle du cinéaste allemand Max Hattler. Un voyage record dans l’infiniment grand et l’infiniment petit qui mérite amplement ce titre à rallonge !

« EYE Filmmuseum » d’Amsterdam

Oskar FischingerDepuis un an, Amsterdam a une toute nouvelle cinémathèque. Située en face de la gare centrale, de l’autre côté du bras de mer, il est difficile de ne pas remarquer ce nouveau bâtiment aux formes futuristes. L’exposition temporaire présente le travail du réalisateur allemand, Oskar Fischinger, une belle occasion de découvrir ce lieu et cet artiste ! La visite se fait dans la pénombre, priorité à la présentation des films sur grand écran. Ce choix permet de découvrir les oeuvres de Fischinger dans d’excellentes conditions, notre corps, par nos yeux et nos oreilles, est profondément sollicité et rentre en interaction avec l’oeuvre. On peut même esquisser quelques pas de danse…

Exposition Oskar Fischinger, Eye, Amsterdam

Exposition Oskar Fischinger, Eye, Amsterdam

La présentation est chronologique, de ses débuts en Allemagne jusqu’à ses travaux réalisés en Californie à partir de 1936. Une des premières oeuvres exposées est « Spiritual constructions ». C’est un film de silhouettes muet annoncé par un carton sur lequel est écrit « Très étrange, comme si le monde était devenu ivre ». Dans les premières secondes du film, on voit deux hommes attablés autour d’une table en train de boire. Très vite nous sommes entrainés dans leur délire éthylique, rien n’est stable, tout est en perpétuel changement. Le film est une suite de métamorphoses. Des formes figuratives ou abstraites se confondent en une chorégraphie alerte.

"Spiritual constructions", Oskar Fischinger, 1927

« Spiritual constructions », Oskar Fischinger, 1927

Dans ce court métrage, on peut remarquer à plusieurs reprises des fonds réalisés avec la machine à animer la cire inventée par Oskar Fischinger. Cette machine sera utilisée par Walther Ruttmann pour les fonds du long métrage de Lotte Reiniger « Les aventures du Prince Ahmed ».

"Les aventures du Prince Ahmed", Lotte Reiniger, 1926

« Les aventures du Prince Ahmed », Lotte Reiniger, 1926

Les autres salles sont essentiellement consacrées à ces études ( studies ) qui synchronisent des motifs abstraits ou des formes géométriques à des morceaux de musique classique ou de jazz. C’est une expérience assez troublante de percevoir la musique intensément parce qu’en plus de notre ouïe, notre vue est sollicitée.

Son « studie n° 8″ traduit le poème symphonique de Paul Dukas, l’Apprenti Sorcier.

Studie n°8 " Oskar Fischinger", 1931

Studie n°8  » Oskar Fischinger », 1931

Irrésistiblement, les images du Fantasia de Disney reviennent à ma mémoire. L’Apprenti Sorcier nous donne un exemple remarquable de la variété d’association entre une musique et des images !

"Fantasia" Disney, 1940

« Fantasia » Disney, 1940

Ma maîtrise très partielle de l’anglais est un frein pour comprendre le principe des nombreuses inventions d’Oskar Fischinger présentées en parallèle à ses films : peintures stéréoscopiques, expériences sur la bande son, Lumigraph … L’exposition provoque le désir d’en savoir plus …

Au sous-sol de la cinémathèque, l’exposition permanente permet de visionner de nombreux extraits de films et de jouer avec différents dispositifs : projection de bulles interactives, réalisation d’un flip-book, voyage virtuel … Fou rire garanti !

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« Bubbles », Muench et Furukawa, 2011

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Flipbook Machine, Museum of the moving image, New York

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« Indoor/Outdoor », Soldevilla, 2010

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« Indoor/Outdoor », Soldevilla, 2010

Pour que la présentation de la cinémathèque soit complète, je dois aussi mentionner un superbe bar-restaurant, une librairie et 4 salles de cinéma proposant une programmation attractive.