Atelier « cinéma d’animation » Maison Populaire de Montreuil

vue d'ensembleEntre prises de vue réelles et séances animées, notre adaptation de Momotaro prend forme. C’est un atelier du travail partagé et de la patience !

Un travail à plusieurs mains !

Un travail à plusieurs mains !

L’enregistrement des voix est source de fou rire répété, à vérifier dans notre bêtisier !

voix

Un dernier contrôle, notre film est bientôt terminé !

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 Nous attendons avec impatience nos premiers spectateurs !



Musiques : La marche du samourai – Pascal Krieg,  Aikikai – Pascal Krieg                   éditées par Musiquelibre-cc, http://www.musiquelibre-cc.fr

Les voici ! Maison Populaire de Montreuil, 17 juin 2014

Les voici ! Maison Populaire de Montreuil, 17 juin 2014

« Les aventures fantastiques » de Karel Zeman

Les Aventures fantastiques de Karel Zeman, 1958

Les Aventures fantastiques de Karel Zeman, 1958

A l’ouverture du film, la voix de Simon Hart nous accueille. Ce jeune ingénieur vient de vivre une aventure extraordinaire qu’il souhaite partager avec nous, spectateurs. Sur son bureau, son journal intime côtoie une pile de livres de Jules Verne. Il en saisit un, le feuillette et nous montre de magnifiques illustrations. La caméra s’arrête sur une gravure représentant un bateau en pleine mer, subitement le bateau se met en mouvement …

Karel Zeman a adapté un roman peu connu de Jules Verne, Face au drapeau, paru en 1896 aux éditions Hetzel. L’originalité de cette adaptation cinématographique est l’intérêt porté aux illustrations de la première édition. En effet, Zeman fait vivre à l’écran les gravures de Léon Benett en combinant prise de vue réelle et technique d’animation « image par image ». Les personnages joués par des acteurs évoluent dans des décors inspirés des gravures. Le choix du noir et blanc, l’omniprésence des rayures et l’importance des surfaces plates nous indiquent que nous ne sommes pas dans la réalité mais dans un monde inventé dans lequel nous allons vivre le temps d’une projection.

Face au drapeau, Illustration de Léon Benett, 1896

Face au drapeau, Illustration de Léon Benett, 1896

Les aventures fantastiques de Karel Zeman, 1958

Les aventures fantastiques de Karel Zeman, 1958

La réussite de Zeman est qu’on oublie sa virtuosité technique pour rentrer pleinement dans le récit des Aventures fantastiques. Son adaptation est très libre, son récit est moins sombre que le roman d’origine. Le professeur Roch notamment n’est plus un inventeur mégalomane mais un savant naïf, déconnecté de la réalité. Simon Hart est le héros positif par excellence, ingénieux, droit, courageux … Zeman n’hésite pas à introduire des scènes visuellement très poétiques comme la fusion de deux poissons se transformant en papillon. Ils ponctuent aussi son récit avec des scènes humoristiques qui, si j’en crois les rires qui ont fusé dans la salle du Studio des Ursulines, fonctionnent toujours ! Il crée aussi de multiples objets aussi fabuleux les uns que les autres, un fer à repasser très original, une pince à crayon démesurée et une variété incroyable de moyens de transport. J’ai un petit faible pour le vélo sous-marin !

Le fer à repasser -canon

Le fer à repasser -canon

le vélo sous-marin

le vélo sous-marin

Cette reprise est un très beau cadeau de rentrée, merci aux Films Malavida qui ont travaillé avec le musée Karel Zeman de Prague pour nous l’offrir !

AYA de Yopougon, le film !

AyaL’adaptation cinématographique de la BD « Aya de Yopougon » est sortie pendant la trêve estivale. Fort heureusement, les organisateurs du festival Croq’anime ont eu l’excellente idée de proposer à Marguerite Abouet d’être la marraine de leur sixième édition. Coup de projecteur salutaire pour ceux qui comme moi auraient loupé la sortie du film !

Pendant la préparation du film, j’avais eu l’occasion, au Salon du livre, d’entendre Clément Oubrerie parler de son travail ( pour lire le billet, c’est ici !). Je suis d’autant plus curieuse de découvrir son coauteur, Marguerite Abouet. On devine, à voir la dame, que son implication, sa vitalité et son charisme sont pour beaucoup dans la réussite du film. Elle a écrit le scénario du film à partir des deux premiers tomes de la BD, son adaptation est très fidèle, elle a élagué quelques scènes et supprimé des intrigues qui se poursuivent dans le tome 3 (l’amour entre Albert et Inno, l’élection de Miss Yopougon). Elle s’est beaucoup impliquée dans la mise en mouvement et dans le « jeu » des personnages, elle prête aussi sa voix à Fanta, la mère d’Aya … Les quelques extraits et séquences du tournage projetés lors de la soirée d’ouverture de Croq’anime me donnent envie de me précipiter au cinéma dès le lendemain !

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Aya est à l’affiche dans deux cinémas parisiens. Amis lecteurs, ne laissez pas passer votre chance de découvrir ce petit bijou sur grand écran !

Atelier « cinéma d’animation » Maison Populaire de Montreuil

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Les derniers ateliers ont été une véritable course contre la montre pour terminer notre film. La contrainte temps nous a obligé à faire des choix drastiques … Renoncer aux présentations des héros préférés du Time’s Up, ne pas relancer l’invitation à l’arrière petite fille d’Emile Reynaud … Pour nous concentrer sur la réalisation du Petit Bossu.

Finaliser les décors et les personnages.

Coline

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Animer les dernières scènes.

animation 1

Animation 2

Enregistrer la bande son.

voix

Réaliser le montage.

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Nous sommes fiers d’être allés jusqu’au bout du projet. Maintenant, à vous de juger !

Si vous souhaitez écouter le texte que nous avons adapté, c’est ici !

 

Enfances au cinéma : atelier « Perdu ? Retrouvé ! »

Ecole maternelle, rue des Archives, PARIS- 22/03/13

Ecole maternelle, rue des Archives, PARIS- 22/03/13

L’association « Enfances au cinéma » m’a confié la préparation d’un atelier dans le cadre de leur programmation « Mon premier cinéma » dédiée aux classes maternelles parisiennes. Une belle opportunité de travailler avec 5 classes sur le très beau court métrage de Philip Hutt : « Perdu ? Retrouvé ! ».

Toutes les classes sont allées auparavant deux fois dans leur cinéma de quartier découvrir les films de la programmation sur grand écran. Je ravive la mémoire de ces séances par une petite devinette, je présente aux enfants des objets qu’ils doivent associer à l’un des films vus. Objets

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Ecole maternelle de la rue des Archives – 22/03/13

Après la lecture de l’album dont le film  » Perdu ? retrouvé ! » est une adaptation, les enfants recherchent activement les ressemblances et les différences entre les deux supports. Avec l’aide du petit canard de bain, je les amène peu à peu à remarquer que le canard bouge dans le film alors qu’il reste toujours à la même place dans l’image de l’album.

Maternelle de la rue du Mont Cenis - 28/03/13

Ecole maternelle de la rue du Mont Cenis – 28/03/13

Afin de commencer à comprendre le mystère de l’image animée, quoi de mieux que de réaliser ensemble un tout petit film !

Ecole maternelle de la rue d'Orsel - 29/03/13

Ecole maternelle de la rue d’Orsel – 29/03/13

Ecole maternelle de la rue Legouvé - 25/03/13

Ecole maternelle de la rue Legouvé – 25/03/13

La manipulation de folioscopes et la réalisation individuelle d’un feuilletoscope complètent la séance.

Ecole maternelle de la rue Legouvé - 25/03/13

Ecole maternelle de la rue Legouvé – 25/03/13

Ecole maternelle de la rue Alphonse Baudin - 21/03/13

Ecole maternelle de la rue Alphonse Baudin – 21/03/13

Ecole maternelle de la rue d'Orsel  - 29/03/13

Ecole maternelle de la rue d’Orsel – 29/03/13

Avant de se quitter, on réécoute l’histoire de « Perdu ? Retrouvé ! » mais cette fois-ci, en chanson !

Ecole maternelle de la rue des Archives - 22/03/13

Ecole maternelle de la rue des Archives – 22/03/13


« Ernest et Célestine », le film !

Affiche du film dans le hall du cinéma Etoile-Lilas, 25/11/201

Sans avoir l’alibi d’un enfant à accompagner, je me suis glissée parmi les nombreuses familles venues assister ce dimanche matin à l’avant première du film « Ernest et Célestine ». Les 458 fauteuils de l’immense salle du tout nouveau cinéma de la Porte des Lilas se sont peu à peu remplis d’une foule joyeuse et bigarrée. La coordinatrice de l’association « l’enfance de l’art », organisatrice de l’évènement, nous accueille avec chaleur, entourée d’une partie de l’équipe du film, manifestement fière de nous présenter leur travail ! Mais le temps n’est plus aux discours, c’est le film que nous sommes venus voir et l’attente est à son comble lorsque la lumière de la salle s’éteint et que le grand écran blanc s’anime enfin…

L'entrée vertigineuse de la grande salle, cinéma Etoile-Lilas, 25//11/2012

Une mise en bouche nous est offerte par l’Agence du court-métrage ; joie très personnelle de retrouver sur grand écran le film de fin d’étude de Benjamin Renner « la queue de la souris ». J’avais évoqué ce film lors du tout premier article de ce blog qui était consacré à Gruffalo, un joli réseau d’histoires de souris se met en place…

"La queue de la souris" de Benjamin Renner, 2007

« Merveille, ravissement, enchantement, joyau » les critiques sont généreuses avec le film et elles ont raison ! J’ai été pendant un peu plus d’une heure sous le charme de cette histoire d’amitié au rythme incroyable, un véritable ballet d’images et de sons.

De son vivant Gabrielle Vincent avait refusé toute adaptation cinématographique de ses albums. Il me semble que le film respecte cette volonté, il n’est pas une adaptation mais un hommage à son oeuvre. Le scénario écrit par Daniel Pennac est subtil, habile, il se situe en amont des albums de Gabrielle Vincent. Il nous conte en effet la rencontre d’Ernest et Célestine et la naissance de leur amitié dans une situation de crise, de conflit, entre deux mondes que tout semble opposer, le monde d’en bas des souris et le monde d’en haut des ours. Le rejet des artistes ( Ernest est musicien de rue et Célestine dessine ) leur est toutefois commun ainsi d’ailleurs que l’importance des forces de maintien de l’ordre.

"Ernest et Célestine" Le tribunal du monde d'en haut, Unifrance Films

"Ernest et Célestine" Le tribunal du monde d'en bas, Unifrance Films

Ernest et Célestine sont des marginaux dans leur monde respectif. Célestine ne prend pas pour argent comptant les récits épouvantables que la Grise fait sur les ours et elle n’a nulle envie de devenir dentiste. Ses visites dans le monde d’en haut sont une source perpétuelle de découvertes. Ernest, quant à lui, joue à cache-cache depuis longtemps avec les règles de la société et ses représentants. Tout les sépare mais ils étaient faits pour se rencontrer !

"Ernest et Célestine" UniFrance Films

L’épilogue du film est savoureux, Célestine incarne Gabrielle Vincent et dessine sous nos yeux ébahis les premiers dessins de l’album « la naissance de Célestine », version quelque peu édulcorée de la réalité de leur rencontre telle qu’elle vient de nous être racontée à l’écran, une mise en abyme extraordinaire ! C’est aussi une jolie invitation faite aux spectateurs de se transformer en lecteur à l’issue de la projection.

La naissance de Célestine de Gabrielle Vincent, Duculot, 1987

Une autre grande réussite du film est son traitement graphique, l’utilisation de l’aquarelle donne de la matière et de la transparence aux images. L’adaptation et la création des personnages est un joli succès, ils s’intègrent parfaitement dans des décors fabuleux.

La Grise Turn around © les Armateurs, la parti, Mélusine production

Coup de chapeau aux artistes qui les ont réalisés, ils ont su créer des dessins originaux nourris par les images de Gabrielle Vincent.

Lambert Wilson, la voix d' Ernest UniFrance Films

Il est aussi difficile de passer sous silence la bande son ! La musique, les voix s’associent en harmonie avec les images pour donner au film un rythme qui nous entraîne et quel bonheur de terminer avec la voix si singulière de Thomas Fersen interprétant la chanson finale du générique. On aurait presque envie que les paroles défilent comme un karaoké pour manifester par le chant notre bonheur de spectateur !

 » … Qui aurait parié un bouton dessus / Qui aurait parié un bouton de son pardessus/ De culotte ou de bottine/ Sur Ernest et Célestine… »

Le pari du film est quant à lui totalement gagné. BRAVO !

Jusqu’à la sortie du film, le mercredi 12 décembre, Benjamin Renner tient un blog « making off » sur les différentes étapes de la création du film. On y apprend plein de choses et en plus c’est beau et drôle !

« Couleur de peau : miel » de Jung et Boileau

"couleur de peau : miel" BOILEAU & Jung   Gebeka Films

"couleur de peau : miel" BOILEAU & JUNG Gebeka Films

Jung réussit dans son roman graphique « Couleur de peau : miel » à nous offrir un récit très personnel et universel à la fois. Il raconte son adoption à l’âge de 5 ans par une famille belge. Son récit chronologique, de la naissance à « aujourd’hui », articule différents registres qui s’entrelacent ; la chronique de son enfance et de son adolescence, des données sur l’adoption des enfants coréens, ses interrogations d’adulte et aussi les rêves et les cauchemars qui l’ont accompagné tout au long de son parcours. Ses dessins très expressifs sont en noir et blanc, son style graphique est volontairement très fluctuant, de la caricature au dessin artistique.

"couleur de peau : miel" JUNG tome 1 Quadrants

"couleur de peau : miel" JUNG tome 2 Quadrants

L’adaptation de la BD au cinéma est née d’une rencontre, celle de Jung avec le réalisateur documentariste Laurent Boileau. Ils font ensemble le choix d’accentuer la forme composite du livre mélangeant des prises de vues réelles à l’animation. Des extraits de films familiaux tournés en Super 8, des films d’actualité et des séquences filmées lors du retour de Jung en Corée viennent compléter l’animation du récit.

"Couleur de peau : miel" BOILEAU &JUNG Gebeka Films

Ce choix formel est au service de l’histoire, il rend compte de la complexité des origines, des relations qui se tissent, des points de vue qui se complètent. J’ai été particulièrement touchée par les liens de Jung avec sa mère adoptive, par l’importance de la parole et des gestes dans l’expression de leurs sentiments. L’adoption est à double sens, rencontre fragile s’il en est !

A la fin du tome 2, Jung annonçait son voyage en Corée qu’il a réalisé pour le film. Au delà d’une stricte adaptation, c’est à un véritable passage de témoin auquel nous assistons. Et pour notre plus grand bonheur, ce n’est pas terminé, Jung travaille au tome 3 de la BD.

Aya de Yopougon

Image du film issue du blog de Clément Oubrerie http://www.oubrerie.net

Exercice nouveau, écrire sur un film qui n’est pas sorti. J’étais hier au salon du livre, porte de Versailles et j’ai assisté à une rencontre avec une « petite » partie de l’équipe qui est en train d’adapter la BD Aya en film d’animation.

Comme de très nombreux lecteurs, j’ai été conquise dès le premier volume par cette chronique d’un quartier populaire d’Abidjan des années 70. Les histoires qui s’enchaînent sont hautes en couleur, on ne s’ennuie pas à Yopougon. La vie familiale, les relations entre voisins, les histoires de coeur et de fesses, l’avenir des jeunes sont au centre de cette chronique de la vie quotidienne. Les sujets sont universels mais le cadre africain rend cette histoire incroyablement riche et originale. Merci à Marguerite Abouet, scénariste de la série, de partager avec nous ses souvenirs d’enfance et son imagination joyeuse.

Les auteurs de la BD sont aussi les réalisateurs du film, ils ont choisi d’adapter les deux premiers volumes qui tournent autour de la naissance de Bobby.                                    Clément Oubrerie, très pédagogue, nous a présenté hier, une série d’images qui relate les différentes étapes de la création visuelle, de son carnet de voyage à Abidjan aux images finales du film, passionnant !

dessin d'une boutique par Clément Oubrerie http://www.oubrerie.net

On retrouve l’univers graphique de la BD, le dessin est selon ses propos « moins changeant ». Le cinéma d’animation implique un très grand nombre de collaborateurs d’où la nécessité de fixer les traits des personnages avec précision. Le découpage de la BD est déjà très cinématographique, usant de champ/contrechamp dès l’ouverture…Hier, nous n’avons vu que des images fixes, il nous faudra attendre la rentrée pour les voir s’animer.

Clément Oubrerie était accompagné par le musicien Mokobé et par l’acteur Emile Abossolo qui jouera plusieurs voix du film. Gage de l’importance donnée à la bande son ? Produit et réalisé par les mêmes sociétés qui sont à l’origine de l’adaptation du Chat du Rabbin de Joann Sfar, on peut être confiant ! Mokobé veut « apporter de la joie, à travers la musique », beau programme !                                                                                            Une des saveurs d’Aya est la langue utilisée par Marguerite Abouet, le nouchi ivoirien, les filles sont des « gazelles », des « freshnies », elles aiment aller « décaler » au « maquis » en secouant leurs fesses ( « bodjo », « pétou », tassaba ») ! Si vous avez quelques difficultés de compréhension, un lexique vous aide dans le « bonus ivoirien » qui clôt chaque volume.    Je suis impatiente d’entendre les voix s’incarner ! Scoop d’hier, Mokobé interprétera un disc-jockey d’un petit maquis .

Aya de Yopougon 1 Abouet/ Oubrerie Gallimard

Mokobé © Fifou

L’année 2012 est riche en adaptation BD/ film d’animation, « Tatsumi » d’Eric Khoo a ouvert le bal en février, cette semaine « Aloïs Nebel » sort sur les écrans… Je ne m’en lasse pas !