« Couleur de peau : miel » de Jung et Boileau

"couleur de peau : miel" BOILEAU & Jung   Gebeka Films

"couleur de peau : miel" BOILEAU & JUNG Gebeka Films

Jung réussit dans son roman graphique « Couleur de peau : miel » à nous offrir un récit très personnel et universel à la fois. Il raconte son adoption à l’âge de 5 ans par une famille belge. Son récit chronologique, de la naissance à « aujourd’hui », articule différents registres qui s’entrelacent ; la chronique de son enfance et de son adolescence, des données sur l’adoption des enfants coréens, ses interrogations d’adulte et aussi les rêves et les cauchemars qui l’ont accompagné tout au long de son parcours. Ses dessins très expressifs sont en noir et blanc, son style graphique est volontairement très fluctuant, de la caricature au dessin artistique.

"couleur de peau : miel" JUNG tome 1 Quadrants

"couleur de peau : miel" JUNG tome 2 Quadrants

L’adaptation de la BD au cinéma est née d’une rencontre, celle de Jung avec le réalisateur documentariste Laurent Boileau. Ils font ensemble le choix d’accentuer la forme composite du livre mélangeant des prises de vues réelles à l’animation. Des extraits de films familiaux tournés en Super 8, des films d’actualité et des séquences filmées lors du retour de Jung en Corée viennent compléter l’animation du récit.

"Couleur de peau : miel" BOILEAU &JUNG Gebeka Films

Ce choix formel est au service de l’histoire, il rend compte de la complexité des origines, des relations qui se tissent, des points de vue qui se complètent. J’ai été particulièrement touchée par les liens de Jung avec sa mère adoptive, par l’importance de la parole et des gestes dans l’expression de leurs sentiments. L’adoption est à double sens, rencontre fragile s’il en est !

A la fin du tome 2, Jung annonçait son voyage en Corée qu’il a réalisé pour le film. Au delà d’une stricte adaptation, c’est à un véritable passage de témoin auquel nous assistons. Et pour notre plus grand bonheur, ce n’est pas terminé, Jung travaille au tome 3 de la BD.

« Ecole et cinéma 92 : Jiburo »

Projection-conférence Jiburo de Lee Jung-huang                                                                   Mercredi 7 mars 2012                                                                                                               Cinéma Jean Vigo à Gennevilliers

Afin de préparer la conférence sur le film Jiburo, j’ai rencontré Kyung Hee, installée en France depuis 35 ans, elle a répondu à mes questions sur la culture coréenne avec beaucoup d’attention et de sympathie, qu’elle en soit remerciée.

Tout d’abord, nous avons regardé des extraits du film « Jiburo », elle m’a aidée à identifier ce que la grand-mère troquait contre la poule ( 34’51). Ce sont des pousses de fougères séchées. Ces pousses sont ramassées au printemps, elles peuvent être mangées fraiches ou bien être séchées pour une consommation plus tardive. Le goût des pousses de fougères rappelle celui des champignons et de la viande, pour cela, elles sont très appréciées par les moines.

Kyung Hee m’a aussi initiée à l’écriture coréenne (Hangeul), elle m’a présenté cette écriture alphabétique inventée au 15 ème siècle par le roi Sejong le Grand. Le monarque souhaitait alphabétiser son peuple  en proposant une écriture syllabique simple à écrire. L’opposition des lettrés qui utilisaient les idéogrammes chinois et l’histoire mouvementée de la péninsule coréenne ont retardé l’utilisation du Hangeul dont l’emploi s’est généralisé à la fin de la seconde guerre mondiale seulement. Petite leçon d’écriture, Kyung Hee me montre comment écrire le premier message préparé par Song Woo pour sa grand-mère.


Les coréens n’écrivent que l’adjectif « malade », ils utilisent très rarement les pronoms personnels, si besoin, ils peuvent employer le « nous » mais pas le « je » !

Document accompagnant la conférence : Conf-Jiburo – PDF