« Maternelle et Cinéma » dans le Loir-et-Cher

couv » L’enfant et l’artiste habitent le même pays.                                                                      Une contrée sans frontière.                                                                                                  Un lieu de transformations et de métamorphoses. »                                                                                                  L’Enfance de l’Art, Elzbieta, Editions du Rouergue, 1997

Projection-conférence :                                                                                                   Jeux d’images de Norman McLaren                                                                        Monsieur et monsieur de Břetislav Pojar                                                                               Cinéma Les Lobis de Blois                                                                                                     Lundi 27 novembre 2017

Pour la première édition du dispositif Maternelle et Cinéma dans le Loir-et-Cher deux grands créateurs-explorateurs sont à l’honneur, Norman McLaren et Břetislav Pojar ! L’agence régionale du Centre-Val de Loire, Ciclic, soutient cette expérimentation en organisant cette rencontre et en mettant à la disposition des classes un ensemble d’albums jeunesse sur le thème de la métamorphose.

Document accompagnant la conférence : pour aller plus loin

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Caprice en couleurs de Norman McLaren et Evelyn Lambart, 1949

Des photogrammes de Caprice en couleursformes simplesformes complexesdessins figuratifs                                                                                                                         Deux autres articles sont consacrés à Jeux d’images, c’est ici et .                                       Et aussi, un entretien passionnant avec Evelyn Lambart …

Une histoire du cinéma : Evelyn Lambart, Joanne Robertson, offert par l’Office national du film du Canada

Un texte instructif de Pascal Vimenet sur le Cinéma d’animation au Canada dans lequel on croise Norman McLaren et Břetislav Pojar.

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La pêche à la princesse de Břetislav Pojar, 1965

Des photogrammes de La pêche à la princesse : métamorphoses1métamorphoses2 ,       transformations

Et aussi Břetislav Pojar, la gestuelle humaine de Marco de Blois…

Atelier « cinéma d’animation » Maison Populaire de Montreuil

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Après un démarrage laborieux mais indispensable, nous réussissons à enregistrer les premières scènes de notre conte norvégien. Il vous faudra encore un peu de patience pour admirer des métamorphoses incroyables ! En attendant quelques photos du processus…

Elaboration du Storyboard

Elaboration du storyboard

Découpage des éléments à animer

Découpage des éléments à animer

Enregistrement des images en silhouette

Enregistrement des images en silhouette

Enregistrement de la bande son

Enregistrement de la bande son

Nous découvrons aussi l’art de la silhouette à travers les illustrations d’Arthur Rackham et les films de Michel Ocelot, de Benjamin Renner …

Cendrillon d'Arthur Rackham, 1919

« Cendrillon » d’Arthur Rackham, 1919   …     ou la métamorphose d’un lézard en laquais

"Le prince des joyaux" de Michel Ocelot, 1995

« Le prince des joyaux » de Michel Ocelot, 1995


Atelier « cinéma d’animation » Maison Populaire de Montreuil

génériqueMétamorphose et cinéma d’animation sont étroitement liés depuis les origines. Nous avons commencé à explorer ces liens avec la complicité d’Emile Cohl, d’Oskar Fischinger et d’Isao Takahata. Les vers de Paul Eluard La terre est bleue comme une orange nous ont entraînés dans une farandole de ronds …

Tous les sens sont mis à contribution, le toucher, le goût et l'odeur !

Tous les sens sont mis à contribution, le toucher, le goût et l’odorat !

réalisation du rond-point final

Réalisation du rond-point final


« Musique : http://www.musicscreen.be/ »  Game.Over sous licence creative commons

Nous avons aussi réalisé une bande annonce pour le Jour le plus court, un article est dédié à cet évènement national !

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Parallèlement aux projets collectifs, chacun s’est lancé dans l’élaboration d’un flipbook dessiné, il faudra être encore un peu patient pour admirer les réalisations finales…

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Et pour finir l’année en beauté, nous avons eu envie de faire bouger la fusée de la Maison Populaire…

Noël


« Musique : http://www.musicscreen.be/ » Jingle-belles version 2 sous licence creative commons

Kôji Yamamura au Carrefour du cinéma d’animation

Le vieux crocodile de Kôji Yamamura, 2005

Le vieux crocodile de Kôji Yamamura, 2005

Promesse tenue ! Le Forum des images annonçait une rencontre exceptionnelle avec Kôji Yamamura, elle le fut au delà de mes espérances. Celui-ci a présenté, avec beaucoup de générosité les oeuvres qui ont composé sa dernière décennie de travail.                             Du Mont Chef aux Cordes de Muybridge, il nous a révélé la logique propre à chacun de ses courts métrages ainsi que les liens qui les unissent. Sa parole relayée avec beaucoup de talent par Ilan Nguyên était accompagnée par la projection de très nombreux croquis de recherche. Je n’ai nullement l’intention ici de faire le compte rendu exhaustif de cette rencontre de plus de trois heures. J’espère qu’elle sera accessible très prochainement sur le webTV du Forum des images. Si dans la structure même de la présentation, l’image et le son ont été pris en compte, c’est l’homme d’images qui m’intéresse avant tout et particulièrement l’enjeu de l’illustration dans sa pratique.

Ilan Nguyên et Kôji Yamamura, Forum des Images, 8 décembre 2013

Ilan Nguyên et Kôji Yamamura, Forum des Images, 8 décembre 2013

Parmi ses multiples sources d’inspiration Kôji Yamamura a rendu hommage à deux illustrateurs. Le premier est l’illustrateur néerlandais, Maurits Cornelis Escher (1898-1972). Une filiation étroite existe entre les deux artistes ; le motif récurent de la métamorphose, les recherches sur la notion d’infini, le désir de donner forme à un espace et à un temps personnels, le jeu sur les réflexions… A l’issue de la projection de son court métrage de fin d’études, Kôji Yamamura présente la lithographie d’Escher qui a nourri sa recherche, Three World. Kôji Yamamura nous explique qu’entre le monde aérien et le monde aquatique existe une membrane très fine à la surface de l’eau qui permet, par le reflet notamment, de jouer sur les interactions entre ces deux mondes. Un des plaisirs de sa pratique du cinéma d’animation est de pouvoir jouer sur les éléments indéfinissables qui surgissent entre deux images…

"Three world", lithographie d'Escher, 1955, http://www.mcescher.com/

« Three world », lithographie d’Escher, 1955, http://www.mcescher.com/

L’hommage suivant est consacré à l’auteur français, Léopold Chauveau (1870-1940). Kôji Yamamura adapte en effet en 2005, un livre illustré de ce dernier, Le vieux crocodile (1923). Il oublie son style personnel pour être le plus fidèle possible aux illustrations d’origine. En parallèle à ses recherches graphiques, Kôji Yamamura réalise des personnages en pâte à modeler afin de mieux appréhender leur physionomie sous différents angles. Il découvre alors que Léopold Chauveau, ancien chirurgien, a créé après la première guerre mondiale des monstres en bronze. Cette activité de sculpteur imprègne ses dessins, donne une épaisseur à son graphisme.

Léopold Chauveau et l'un de ses monstres sculptés

Léopold Chauveau et l’un de ses monstres sculptés

La mise en mouvement des deux personnages principaux, le vieux crocodile et la pieuvre, a passionné Kôji Yamamura. Comment rendre compte de l’apparence physique et de la psychologie propre à chacun des personnages par le contraste visuel de leur déplacement ? L’adaptation du Vieux crocodile est la première histoire d’amour à laquelle il s’est confronté. Histoire d’un amour passionnel si l’on en croit l’utilisation presque subliminale du rouge ! Un magnifique travail qui permet entre autre de découvrir un artiste injustement oublié.

En réponse à une question sur ses moyens de financement, Kôji Yamamura explique que la majorité de ses films sont autoproduits. Il mène en parallèle des travaux de commande et d’illustration qui lui permettent de gagner sa vie. Si nous pouvons avoir une petite idée de son travail d’illustrateur par le biais de son site, il est fort dommage qu’aucun de ses ouvrages ne soit disponible en France.

Son propre travail d’illustrateur peut être à l’origine d’une oeuvre animée. Invité d’honneur en 2006 du sixième festival de cinéma d’animation du Val d’Oise, il a créé l’affiche de l’évènement.

Affiche du festival "Image par Image" 2006

Affiche du festival « Image par Image » 2006

La mise en scène de ces enfants aux situations imaginaires lui donne envie de réaliser un film. Une possibilité d’aide de l’Agence Culturelle du Japon précipite les choses.  Il a quelques jours pour déposer un dossier de subventions. Il n’a pas de base narrative ou de concept, seul un motif visuel avec lequel il a envie de s’amuser.  Le choix du titre Une métaphysique de l’enfance donne de la cohérence à son projet. Son film se présente comme un enchaînement de vignettes indépendantes mettant en scène un enfant, seul protagoniste. Kôji Yamamura voit son court métrage comme un hommage à la rébellion enfantine.


A la fin de sa présentation Kôji Yamamura annonce qu’il travaille actuellement à l’adaptation d’illustrations qu’il a réalisées pour la couverture d’une revue littéraire japonaise, Bungakukaï. L’aventure ne fait que commencer !

Couverture de la revue Bungakukaï par Koji Yamamura, Septembre 2013

Couverture de la revue Bungakukaï par Koji Yamamura, Septembre 2013

Et pour finir, admirez le cadavre exquis réalisé par 70 étudiants en cinéma d’animation répartis en 17 équipes. Chaque équipe est partie de la même image de Kôji Yamamura qui ouvre et ferme chaque séquence de 10 secondes.