Joan Fontcuberta à la Maison Européenne de la Photographie

Diorama présentant "le grand gardien du Bien Total", Fauna, 1985-1989

Diorama présentant « le grand gardien du Bien Total », Fauna, 1985-1989

J’ai eu la chance d’assister à une conférence de Joan Fontcuberta à Arles en 2009. Il participait à un séminaire sur le « statut de la photographie à travers ses usages ». Moment privilégié où la rencontre d’une oeuvre vous oblige à déplacer vos lignes de pensée.       Au delà de ses publications, j’avais très envie de découvrir son travail in situ. La Maison Européenne de la Photographie lui consacre actuellement un vaste espace où neuf séries emblématiques sont présentées. Si la manipulation des images est au coeur de son travail, l’organisation de l’espace d’exposition est aussi un élément clé de ses projets. Il peut ainsi multiplier les moyens pour « faire croire », donner l’illusion de la réalité : dioramas et vitrines répondent aux photographies et films pour envelopper le spectateur d’informations multiples.

Vitrine consacrée à l'abbé Jean Fontana, Les Hydropithèques, 2003-2012

Vitrine consacrée à l’abbé Jean Fontana, Les Hydropithèques, 2003-2012

Les réactions des spectateurs sont passionnantes, les « c’est incroyable », « c’est pas vrai » fusent dans les salles … En fonction du parcours de l’exposition choisi, la crédulité des spectateurs évolue et impose parfois des retours sur preuve.  Des regards complices s’instaurent avec l’impression de participer à un grand jeu de piste. Connaître la démarche de l’auteur ne vous préserve pas de toute mystification. Face aux premiers paysages de la série Orogénèse, j’ai regretté haut et fort l’absence d’un cartel classique indiquant les coordonnées géographiques de ces paysages virtuels !

Quatre paysages virtuels réalisés par les logiciels Vistapro, Bryce et Terragen à partir des tableaux du Douanier Rousseau, Courbet, Kandinsky et Gainsborough, 2002-2004

Quatre paysages virtuels réalisés par les logiciels Vistapro, Bryce et Terragen à partir des tableaux du Douanier Rousseau, Courbet, Kandinsky et Gainsborough, Orogenèse, 2002-2004

L’esthétisme est aussi au rendez-vous. Devant les séries Palimpsestes et Herbarium, peu m’importe la véracité des images, l’agencement des formes et des couleurs me touche, le réel peut être réinventé !

Plusieurs reproductions d’un portrait du Gréco intriguent tout au long de la visite. Derrière cette image reprise sur la couverture du catalogue de l’exposition se dissimule une nouvelle série Camouflages … Joan Foncuberta qui a toujours aimé se déguiser invite à une dernière partie de cache-cache avec sa propre image !

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Atelier « cinéma d’animation » Maison Populaire de Montreuil

P1100643Après l’orient et les contes des mille et une nuits , nous allons animer cette année une histoire traditionnelle japonaise qui a pour héros un jeune garçon né dans une pêche, Momotaro ! Imprégnation de l’histoire, découpage des scènes-clés et recherche graphique des personnages sont des temps de préparation incontournables. Au travail !

L'attention est à son comble !

L’attention est à son comble !

Les résultats sont à la hauteur

Les résultats sont à la hauteur.

Les premiers vagissements de Momotaro !

Les premiers vagissements de Momotaro

Nous avons aussi continué à découvrir d’autres jouets optiques ; ombro-cinéma et Strobotop.


L’artiste italien, Virgilio Villoresi, a animé en ombro-cinéma les dessins de sa compatriote Virginia Mori. Un joli clip de John Mayer Submarine essai janvier 1967 ! Bonnes vacances !


CINE junior 24 : Quand les jouets s’animent au cinéma …

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Atelier au 3 cinés Robespierre de Vitry sur Seine

A l’issue de la projection de Drôle de grenier du réalisateur tchèque Jiri Barta, les enfants et leurs accompagnateurs étaient invités à participer à un atelier sur les jouets et le cinéma. Dans un premier temps, ils ont manipulé des folioscopes pour comprendre que le mouvement se crée grâce à une suite d’images fixes puis des animateurs et opérateurs en herbe ont animé une mini-séquence pour découvrir les possibilités de la prise de vue « image par image ».

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Cliquer ! 24 images par seconde !

Les enfants ont été ensuite invités à un voyage dans l’histoire du cinéma. Jiri Barta s’inscrit dans une longue lignée de réalisateurs qui n’ont pas renoncé à leurs rêves d’enfants ; créer de fabuleuses histoires en donnant la vie à des jouets…                                          Les jouets permettent ainsi d’établir des liens entre les oeuvres muettes des pionniers du cinéma et les productions contemporaines ; des oursons acrobates d’Edwin S Porter à la grande aventure des Légos de Phil Lord et Chris Miller !

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D’autres films à découvrir, d’autres ateliers à expérimenter… Quelques jours encore pour participer au festival Ciné Junior 24 !

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Hans Richter au Centre Pompidou-Metz

Vue de l'exposition "Hans Richter, la traversée du siècle" 9 janvier 2014

Vue de l’exposition « Hans Richter, la traversée du siècle » 9 janvier 2014

Fascinée par l’oeuvre d’Oscar Fishinger, j’avais très envie d’aller au Centre Pompidou-Metz découvrir le travail d’un autre grand nom du cinéma expérimental, Hans Richter. La rétrospective qui lui est consacrée est foisonnante et didactique, elle permet une approche complète d’un artiste qui m’était alors connu que par son film Rythme 21.


Dans un entretien filmé, Hans Richter donne les conditions matérielles dans lesquelles son film a été tourné : une table avec deux lampes de chaque côté, une caméra fixe au dessus et une multitude de rectangles et de carrés blancs, noirs ou gris, de toutes tailles. L’exposition permet de comprendre le processus de création dans lequel Richter s’est engagé avec son ami Eggeling et dont Rythme 21 est une étape clé : simplification à l’extrême des formes et des couleurs pour dépasser l’unité statique d’un tableau de chevalet, emprunt à la musique de la notion de contrepoint…                                                 « Avec le film, nous nous confrontions non seulement à l’orchestration de la forme mais aussi à ses relations au temps. L’unique image disparaissait dans un flot d’images qui ne se justifiait que s’il aidait à l’expression d’un nouvel élément : le temps. […]  On pouvait aisément diviser et « orchestrer » le simple carré de l’écran de cinéma. Ces divisions ou parties pouvaient alors être orchestrées dans le temps en prenant le rectangle de la « toile-film » d’une manière formelle et temporelle. En d’autres termes, je continuais avec l’écran ce que j’avais fait depuis des années avec la toile. Ce faisant, je trouvais une nouvelle sensation : le rythme qui est, je le pense toujours, la sensation maître de toute expression de mouvement… »                                                     (Extrait de Magazine of Art,1952)

A partir de 1926, Richter introduit dans ses films des images photographiques à côté des images de formes abstraites.

Photogrammes de Flmstudie (1926)

Photogrammes de Filmstudie (1926)

Je découvre avec jubilation son film Vormittagsspuk (fantômes avant déjeuner 1927). Encadré par le cadran d’une horloge, l’action se déroule entre 10h00 du matin et midi. Que se passe t-il ? Sous l’impulsion de quatre chapeaux melons, les objets semblent doués subitement d’une vie propre et n’en font qu’à leur tête ! En digne héritier de Méliès et compagnon des surréalistes, Richter joue avec les trucs que lui permet la caméra : prises de vue  » image par image », prises de vue en marche arrière, démultiplications, images négatives…


Flipbook, vers 1927, collection privée

Flipbook, vers 1927, collection privée

Tirage d'époque, vers 1927, Galerie Berinson, Berlin

Tirage d’époque, vers 1927, Galerie Berinson, Berlin

Au delà du cinéaste, l’exposition permet de découvrir l’éclectisme de Ritcher tant dans son refus de s’enfermer dans une forme ou un courant artistique que dans sa collaboration à des projets communs (revue, exposition, film). J’ai découvert aussi qu’un artiste conceptuel pouvait être amusant !

"Rythme 23" de Hans Richter,  huile sur rouleau, 4 mètres de long

« Rythme 23″ de Hans Richter, 1923, huile sur rouleau, 4 mètres de long

"Stalingrad" de Hans Richter, 1943-44, 479,7 cm

« Stalingrad » de Hans Richter, 1943-44, peinture, collage, 479,7 cm

Loulou, l’incroyable secret

1En 2003, l’album Loulou de Grégoire Solotareff s’animait sur nos écrans. Tom et Loulou se mettaient à bouger et à parler ! On retrouvait avec un plaisir indéniable ce couple insolite composé d’un petit lapin et d’un tout jeune loup. L’accident mortel de l’oncle de Loulou lors d’une leçon de chasse inaugurale privait Loulou de toute attache familiale et d’une éducation carnassière. Traumatisme libérateur, l’amitié choisi prenant le relais…  Rappelez-vous le bref dialogue entre Tom et Loulou après l’enterrement de l’oncle :              – T’as pas d’autres familles ?                                                                                                    – Je sais pas !                                                                                                                    Dix ans plus tard, les mystères de l’ascendance de Loulou sont au coeur d’une nouvelle aventure.

Graphiquement Loulou a perdu ses rondeurs de l’enfance et son pelage a viré au marron. Tom, lui, a peu changé. Avant de rencontrer le tailleur Simon-Edgar Finkel, il a toujours sa petite veste bleue pendant que Loulou se promène à poil !

Loulou et autres loups, 2003

Loulou et autres loups, 2003

Loulou l'incroyable secret, 2013

Loulou l’incroyable secret, 2013

Cependant le temps a passé et cette nouvelle aventure va les propulser dans le monde des grands. La cohabitation entre les différentes espèces est toujours au coeur de l’intrigue mais s’ouvrent à d’autres animaux ; Scarlett la belle renarde, la volatile Cornélia, Winston le domestique racé, la truculente Rosetta, les ours montures … Loulou devra affronter des questions existentielles voir shakespeariennes face à son perfide cousin, Lou-Andrea. Etre ou ne pas être… un loup ! Tom aura, quant à lui, des problèmes plus terre à terre à surmonter, il devra survivre dans un monde hostile pour ne pas abandonner son vieil ami. Dès la rencontre avec la magicienne Cornélia il sert de ballon à deux sangliers patibulaires et ce n’est rien par rapport à ce qu’il va vivre à Wolfenberg !

Contrairement au premier Loulou, le nouveau film est une oeuvre originale basée sur un scénario écrit par Grégoire Solotareff et Jean-Luc Fromental. S’inspirant de la pratique japonaise, l’éditeur Rue de Sèvres publie l’Anime comics du film. Les images sont extraites de photogrammes du film. Son intérêt principal est de prolonger le plaisir de la projection ! Les doubles pages dédiées au décor sont une excellente idée …

Loulou l'incroyable secret de Grégoire Solotareff et Jean-Luc Fromental, Rue de Sèvres, 2013

Loulou l’incroyable secret de Grégoire Solotareff et Jean-Luc Fromental, Rue de Sèvres, 2013

Si vous voulez découvrir les secrets de fabrication du film, n’hésitez pas à aller faire un tour sur le site des producteurs, Prima Linea, de nombreuses vidéos vous attendent !

Atelier « cinéma d’animation » Maison Populaire de Montreuil

génériqueMétamorphose et cinéma d’animation sont étroitement liés depuis les origines. Nous avons commencé à explorer ces liens avec la complicité d’Emile Cohl, d’Oskar Fischinger et d’Isao Takahata. Les vers de Paul Eluard La terre est bleue comme une orange nous ont entraînés dans une farandole de ronds …

Tous les sens sont mis à contribution, le toucher, le goût et l'odeur !

Tous les sens sont mis à contribution, le toucher, le goût et l’odorat !

réalisation du rond-point final

Réalisation du rond-point final


« Musique : http://www.musicscreen.be/ »  Game.Over sous licence creative commons

Nous avons aussi réalisé une bande annonce pour le Jour le plus court, un article est dédié à cet évènement national !

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Parallèlement aux projets collectifs, chacun s’est lancé dans l’élaboration d’un flipbook dessiné, il faudra être encore un peu patient pour admirer les réalisations finales…

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Et pour finir l’année en beauté, nous avons eu envie de faire bouger la fusée de la Maison Populaire…

Noël


« Musique : http://www.musicscreen.be/ » Jingle-belles version 2 sous licence creative commons

« Ecole et cinéma 92″ : Gôshu le violoncelliste

Photogramme de Goshu le violoncelliste d'Isao Takahata, 1981

Photogramme de Goshu le violoncelliste d’Isao Takahata, 1981

« Gauche était le préposé au violoncelle dans le cinéma muet de la ville. Mais on racontait qu’il ne se débrouillait pas très bien. C’est peu de dire qu’il ne jouait pas très bien : il était franchement le plus mauvais de tous ses camarades, et, pour cela, sans cesse tourmenté par le chef d’orchestre. »                                                                                                                                Train de nuit dans la voie lactée de Kenji Miyazawa, Le serpent à plumes

Projection-conférence :                                                                                                     Goshu le violoncelliste                                                                                                   d’Isao Takahata                                                                                                                  Co-animée avec Marc Laugenie                                                                                     Cinéma Jean Vigo de Gennevilliers                                                                                 Mercredi 18 décembre 2013                                                                                           Cinéma le Rex de Châtenay-Malabry                                                                             Mercredi 8 janvier 2014

Document accompagnant la conférence : Goshu le violoncelliste

Le studio Ghibli est sous les feux de l’actualité, les deux prochains films de ses réalisateurs fondateurs sont très attendus ! Le vent se lève d’Hayao Miyazaki sera sur nos écrans le 22 janvier 2014. Inspiré de la vie de l’ingénieur Jiro Horikoshi, le nouveau Miyasaki s’encre dans la réalité japonaise, du séisme de Kanton à la deuxième guerre mondiale. Pour celui d’Isao Takahata, il nous faudra être encore plus patient, une sortie pour le mois de mai 2014 est annoncée. Takahata s’est tourné quant à lui vers l’adaptation d’un conte populaire japonais du Xe siècle : L’histoire de la princesse Kaguya. Un vieil homme coupeur de bambou découvre, à l’intérieur d’une tige, une minuscule petite fille…               Les deux complices du studio Ghibli se rendent-ils mutuellement un hommage entre réalité et féerie ?

Affiches japonaises des deux prochains films du studio Ghibli

Affiches japonaises des deux prochains films du studio Ghibli

Laissez-vous subjuguer par le montage réalisé par le studio Ghibli, il reprend les bandes annonces et propose quelques scènes inédites de L’histoire de la princesse Kaguya


Une autre petite merveille découverte depuis la conférence. Bravo à Louis Thomas !