Que veut dire « documentaire » ? Un cinéma se référant à ce que nous appelons « la réalité », ce qui suppose avant tout que ce ne sont pas des comédiens de métier qui y sont filmés, mais des femmes et des hommes de tous les jours, connus ou non, qui jouent eux-mêmes leur propre rôle… Ce sont les hommes et les femmes filmées qui sont documentaires. Les situations filmées, elles, dépendent toujours des mises en scène que les institutions ou les groupes sociaux mettent en place avant même l’arrivée du cinéma, et que la démarche documentaire revient non seulement à décrire, mais aussi à critiquer ou à défaire. A part ça, le cinéma documentaire est le contraire du journalisme, c’est-à-dire qu’il est d’abord cinéma : croyance, désir, illusion, subjectivité. La séance de cinéma, documentaire ou fiction, produit de la subjectivité, de la singularité, de l’écart : rien n’est représenté, rien n’est filmé sans être transformé, traduit, changé. Le cinéma change le monde et tend de plus en plus à le remplacer… Documentaire ou fiction, le cinéma est d’abord le jeu ouvert de la singularité. Jean-Louis Comolli, mars 2005, Cinéma documentaire, Fragments d’une histoire
Projection-conférence : Un animal, des animaux de Nicolas Philibert Co-animée avec Marc Laugenie Cinéma Jean Vigo de Gennevilliers Samedi 10 décembre 2016 Cinéma Le Rex de Châtenay-Malabry Samedi 7 janvier 2017
Je trace d’abord sur la surface à peindre un quadrilatère de la grandeur que je veux, et qui est pour moi une fenêtre ouverte par laquelle on puisse regarder l’histoire (historia). Leon Battista Alberti, De Pictura, livre I, 1435
En partenariat avec Ciclic, la coordination départementale Ecole et cinéma d’Indre et Loire a organisé un temps de formation autour des deux nouveaux programmes Maternelle et cinéma et d’une sélection d’albums jeunesse issue des listes proposées par Les enfants de cinéma…
La façade du service culturel et les mots de David Poullard et Guillaume Rannou
La compagnie Le bel après-minuit prépare son prochain spectacle L’ombre de Tom. Cette nouvelle création sera à l’affiche de l’espace Gérard Philipe en janvier. Le service culturel de Fontenay-sous-Bois a saisi cette belle opportunité pour proposer un parcours « cinéma théâtre » à deux classes maternelles de la ville.
Dans un premier temps, les enfants ont découvert l’histoire et le secret des images en mouvement.
Réaliser des ombres avec son corps et des marionnettes…
Manipuler des jouets optiques…
Fabriquer un thaumatrope.
Les deux classes ont ensuite réalisé une séquence animée. La classe de GS de l’école Pasteur a mis en scène un album jeunesse, Le petit bonhomme des bois…
Les silhouettes sont déplacées petit à petit pour créer l’illusion du mouvement.
Un grand merci à Mme Debuchy !
Marlène, l’enseignante, prête sa voix au film.
La classe de MS/GS de l’école P. Demont avait quant à elle joué avec les mots de Robert Desnos créant à leur tour des phrases surréalistes que nous avons animées à l’aide des pièces d’un tangram…
L’attention est à son comble pour recréer la forme désirée.
Maîtriser son geste pour créer un déplacement fluide.
Les dernières consignes pour l’enregistrement final
Après les vacances de Noël, les enfants des deux classes seront invités au cinéma et au théâtre pour découvrir des courts métrages et un spectacle célébrant l’ombre et la lumière.
Jean-François Laguionie joue le rôle du peintre et dialogue avec son personnage Lola, Le tableau, 2011
« Je termine toujours mes histoires avec des points de suspension, même si ce n’est pas très commercial, la suspension… Pourquoi finir une histoire ? La vie, elle, se poursuit. Ou alors il faudrait finir sur la mort du personnage, mais ce n’est pas très commercial non plus ! C’est pour ça que j’aime beaucoup le western, avec le dernier plan où le héros repart… Je ne sais plus qui disait qu’une peinture n’est jamais terminée : elle est abandonnée. Si on enlève le côté négatif de l’abandon, c’est juste que le peintre décide, à un moment donné, de s’arrêter. Il pense qu’une touche de plus pourrait gâcher le tableau. Il a mis l’essentiel. On a tout quand on a l’essentiel, non ? » Jean-François Laguionie dans Un sage en hiver de Guillemette Odicino, Télérama, n°3489
Avec la sortie tant attendue de Louise en Hiver, Jean-François Laguionie est sous les feux de l’actualité : rétrospective, exposition, parution d’un livre-dvd, édition de ses nouvelles, articles dans la presse… Son précédent long métrage, Le tableau, fait, quant à lui, son entrée dans le catalogue d’Ecole et Cinéma. Après l’écriture du cahier de notes, j’ai le plaisir d’accompagner des projections dans le cadre des formations Ecole et cinéma.
Les prochaines dates : – Parthenay, mercredi 30 novembre 2016 – La Courneuve, jeudi 8 décembre 2016 – Poitiers, mercredi 11 janvier 2017
François Schuiten, Adrien Genoudet et Benoît Peeters au Centre Wallonie-Bruxelles
L’automne est flamboyant pour le duo des Cités obscures. Ils sont sous les feux de l’actualité avec la sortie du deuxième tome de Revoir Paris et une très belle exposition au Musée des arts et métiers, Machines à dessiner. A cette occasion, le centre Wallonie-Bruxelles organisait une rencontre avec les deux auteurs et Adrien Genoudet, coréalisateur d’un documentaire sur leur travail à quatre mains.
Il est commun de penser que le scénariste et le dessinateur interviennent successivement dans l’élaboration d’une bande dessinée. Schuiten et Peeters font exploser cette représentation, en effet ils réalisent ensemble la conception de l’histoire par un dialogue au long court. C’est une méthode « casse gueule », l’histoire peut leur échapper, toutefois ce risque est aussi le garant d’un plaisir renouvelé. Le film d’Adrien Genoudet et de Guillaume Diamant-Bergé, A quatre mains, donne à voir l’intimité de leur démarche artistique. Il a été tourné en un jour dans la maison de François Schuiten au mois de mars 2016. Les réalisateurs ont mis en place un procédé d’enregistrement simple pour se fondre dans le décor et se faire oublier. Ils ont pu ainsi capter les paroles, les gestes et les regards de Schuiten et de Peeters pendant l’élaboration des dernières planches de Revoir Paris, La nuit des constellations.
« A quatre mains » de Guillaume Diamant-Bergé et Adrien Genoudet
A quatre mains, Guillaume Diamant-Bergé et Adrien Genoudet, 2016
Dernières pages de Revoir Paris , La nuit des constellations, Casterman, 2016
L’image est au coeur de leur démarche. Albert Robida, Winsor McCay hantent leur panthéon visuel. L’excellente vidéo réalisée pour l’exposition du Musée des arts et métiers, Naissance d’une affiche,dévoile les photographies documentaires qui côtoient les multiples crayons sur la table de dessin de François Schuiten.
Naissance d’une affiche, Vladimir Peeters, 2016
La relation de Kârinh aux images est une métaphore de leur travail. Comme eux, l’héroïne de Revoir Paris se shoote aux images, elle rêve, elle voyage à travers elles…
Revoir Paris, Schuiten et Peeters, 2014
Pour Peeters, la case de BD est une petite maison. On est invité à entrer dedans, à l’habiter, à l’explorer, à chercher des détails. Voir une image est une démarche active.
Enfin, Schuiten et Peeters ont un grand plaisir à concevoir des expositions, le travail de scénographe prolongeant leur travail d’auteur. Machines à dessiner montre la fabrique de leur travail, dévoile le lien entre réel et imaginaire qui les anime et donne envie à tout un chacun de s’emparer d’un crayon.
La salle de dessin, Machines à dessiner, Musée des arts et métiers
Vous avez jusqu’au 26 février pour découvrir Machines à dessiner
Intriguée par le logo animé qui annonce les courts métrages des contes de la mère poule, j’ai été ravie d’assister à la conférence donnée par Bamchade Pourvali au Forum des images le mois dernier sur l’Institut pour le Développement Intellectuel des Enfants et des Adolescents, l’institut iranien Kanoun. Particulièrement intéressée par les liens entre les livres illustrés et le cinéma d’animation, j’ai choisi dans cette très riche présentation des oeuvres d’artistes qui sont à la fois illustrateur et réalisateur.
L’idée première de l’institut Kanoun, créé en 1964, était de favoriser la traduction, l’édition et la diffusion de livres en direction de la jeunesse à travers un large réseau de bibliothèques. Les bibliothèques se sont rapidement transformées en centre d’art proposant des activités artistiques de plus en plus variées aux enfants ; cinéma, musique, danse, théâtre… Un des premiers livres marquant de l’institut a été la création en 1967 de l’album Le petit poisson noir par l’écrivain Samad Behrangi et l’illustrateur Farshid Mesghali.
Le petit poison noir est un être de désir, il veut savoir comment se termine le cours d’eau dans lequel il vit avec sa mère. Contre l’avis de cette dernière, il décide de suivre le fil de l’eau et d’atteindre l’océan. Au cours de son voyage il fait de nombreuses rencontres avec différentes créatures qui peuplent la rivière… Pour Bamchade Pourvali, cet album introduit l’une des philosophies essentielles de l’institut Kanoun, inviter les enfants à sortir de leur cadre habituel pour aller à la rencontre de la vie.
Ce récit initiatique est accompagné de magnifiques linogravures de l’artiste Farshid Mesghali qui réalisera par la suite le premier dessin animé produit par le Kanoun, Agha-ye Hayoola (M. Monstre) en 1970. Petit poisson noir remporte en 1969 le grand prix du livre pour enfants de Bologne.
Le deuxième album présenté par Bamchade Pourvali est Les corbeaux de l’écrivain Nader Ebrahimi et de l’illustrateur Noureddin Zarinkelk.
L’illustration de la couverture rappelle le court-métrage du dessinateur Chaval, Les oiseaux sont des cons, que devait connaître Noureddin Zarinkelk ayant étudié l’animation en Europe auprès de Raoul Servais. Les fleurs du tapis est un autre album réalisé par ce duo d’auteurs. L’illustration, d’un style très différent de l’album précédent,est un hommage à l’art du tapis iranien.
Le premier film réalisé en Iran par Noureddin Zarinkelk est un petit bijou surréaliste qui enchaîne à un rythme trépidant de multiples métamorphoses : le penseur de Rodin côtoie la statue de la Liberté mais aussi un mollah et une femme voilée.
Quatre plus tard, il réalise Amir Hamzeh et le Zèbre qui est une oeuvre majeure selon Bamchade Pourvali. Ce film rassemble de nombreux éléments de la culture iranienne : les miniatures, la musique, la danse et aussi la figure du diable…
Un autre artiste fondateur du Studio d’animation Kanoun est Ali Akbar Sadeghi, les miniatures iraniennes et les légendes du Livre des Roissont à la source de ses illustrations et de ses films.
Le dernier film d’animation présenté est l’oeuvre du cinéaste Sohrab Shahid-Saless qui s’inspire directement de la technique de la pixilation inventée par Norman McLaren.
Tous les films réalisés dans le cadre de l’institut Kanoun, quelque soit leur durée, étaient accompagnés à leur sortie par une affiche. C’est Abbas Kiarostami qui est l’auteur de celle du film de Sohrab Shahid-Saless, un bel exemple de son talent de graphiste.
Abbas Kiarostami, Noir et blanc, 1972
Pour ceux qui aimeraient continuer cette découverte… De nombreux courts métrages d’animation réalisés dans le cadre de l’institut Kanoun ont été édités en DVD par les distributeurs suivants : Les films du préau, Les films du Whippet et Les films du paradoxe.
… L’art, cela ne s’enseigne pas, cela se rencontre, cela s’expérimente, cela se transmet par d’autres voies que le discours du seul savoir, et parfois même sans discours du tout. L’affaire de l’enseignement c’est la règle, l’art doit y gagner une place d’exception. Alain Bergala, L’hypothèse cinéma, Petite bibliothèque des Cahiers du cinéma, 2002
En partenariat avec Ciclic, la coordination départementale Ecole et cinéma du Cher a organisé un temps de formation autour des deux nouveaux programmes Maternelle et cinéma et d’une sélection d’albums jeunesse issue des listes proposées par Les enfants de cinéma…
Ormesson organise tout au long du mois de novembre son premier festival de la photographie amateur. En partenariat avec le Jeu de Paume, la médiathèque organisait cet après-midi un atelier sur les portraits expressifs… Une émotion ça se vit, ça se partage, ça se discute, ça se photographie, ça se dessine…
La photo est à l’honneur dans la médiathèque
Décrypter des images : que voit-on ? que raconte-t-elle ?
Mimer pour mieux voir…
Du portrait photographique au portrait dessiné.
D’une expression à l’autre, mise en commun des dessins