Loulou, l’incroyable secret

1En 2003, l’album Loulou de Grégoire Solotareff s’animait sur nos écrans. Tom et Loulou se mettaient à bouger et à parler ! On retrouvait avec un plaisir indéniable ce couple insolite composé d’un petit lapin et d’un tout jeune loup. L’accident mortel de l’oncle de Loulou lors d’une leçon de chasse inaugurale privait Loulou de toute attache familiale et d’une éducation carnassière. Traumatisme libérateur, l’amitié choisi prenant le relais…  Rappelez-vous le bref dialogue entre Tom et Loulou après l’enterrement de l’oncle :              – T’as pas d’autres familles ?                                                                                                    – Je sais pas !                                                                                                                    Dix ans plus tard, les mystères de l’ascendance de Loulou sont au coeur d’une nouvelle aventure.

Graphiquement Loulou a perdu ses rondeurs de l’enfance et son pelage a viré au marron. Tom, lui, a peu changé. Avant de rencontrer le tailleur Simon-Edgar Finkel, il a toujours sa petite veste bleue pendant que Loulou se promène à poil !

Loulou et autres loups, 2003

Loulou et autres loups, 2003

Loulou l'incroyable secret, 2013

Loulou l’incroyable secret, 2013

Cependant le temps a passé et cette nouvelle aventure va les propulser dans le monde des grands. La cohabitation entre les différentes espèces est toujours au coeur de l’intrigue mais s’ouvrent à d’autres animaux ; Scarlett la belle renarde, la volatile Cornélia, Winston le domestique racé, la truculente Rosetta, les ours montures … Loulou devra affronter des questions existentielles voir shakespeariennes face à son perfide cousin, Lou-Andrea. Etre ou ne pas être… un loup ! Tom aura, quant à lui, des problèmes plus terre à terre à surmonter, il devra survivre dans un monde hostile pour ne pas abandonner son vieil ami. Dès la rencontre avec la magicienne Cornélia il sert de ballon à deux sangliers patibulaires et ce n’est rien par rapport à ce qu’il va vivre à Wolfenberg !

Contrairement au premier Loulou, le nouveau film est une oeuvre originale basée sur un scénario écrit par Grégoire Solotareff et Jean-Luc Fromental. S’inspirant de la pratique japonaise, l’éditeur Rue de Sèvres publie l’Anime comics du film. Les images sont extraites de photogrammes du film. Son intérêt principal est de prolonger le plaisir de la projection ! Les doubles pages dédiées au décor sont une excellente idée …

Loulou l'incroyable secret de Grégoire Solotareff et Jean-Luc Fromental, Rue de Sèvres, 2013

Loulou l’incroyable secret de Grégoire Solotareff et Jean-Luc Fromental, Rue de Sèvres, 2013

Si vous voulez découvrir les secrets de fabrication du film, n’hésitez pas à aller faire un tour sur le site des producteurs, Prima Linea, de nombreuses vidéos vous attendent !

« Le jour le plus Court » à la Maison Populaire de Montreuil

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L’atelier cinéma d’animation de la Maison Populaire de Montreuil vous propose un programme de courts métrages dédié aux animaux. Le logo de la Maison Populaire nous a inspirés !

Le logo de la Maison Populaire de Montreuil

Le logo de la Maison Populaire de Montreuil

Le 21 décembre le salon se transforme en ménagerie : une mouche acrobate, des poulpes très résistants, une souris de laboratoire, des girafes trapézistes, un poisson récalcitrant et … une baleine amoureuse !

La mouche acrobate de Percy Smith, 1min, 1908

La mouche acrobate de Percy Smith, 1min, 1908

Oktapodi de Julien Bocabeille, 2 min, 2007

Oktapodi de Julien Bocabeille, 2 min, 2007

Carlitopolis de Luis Nieto, 3min, 2006

Carlitopolis de Luis Nieto, 3min, 2006

5m80 de Nicolas Deveaux, 5 min, 2013

5m80 de Nicolas Deveaux, 5 min, 2013

Le moine et le poisson de Michael Dudok de Wit, 6 min, 1994

Le moine et le poisson de Michael Dudok de Wit, 6 min, 1994

L'éléphant et la baleine de Jacques Remy Girerd, 8min, 1986

L’éléphant et la baleine de Jacques Remy Girerd, 8min, 1986

Deux ateliers ont été consacrés à la création d’une bande annonce présentant l’évènement…


On parle de notre bande annonce ici et  !

« Pixar 25 ans d’animation » au musée des Arts Ludiques

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Rémy dans Ratatouille de Brad Bird, 2007, Studios Pixar

Rémy est de retour sur les quais parisiens. Il n’est pas venu seul, tous ses amis des studios Pixar ont fait le voyage ; Wall-E, Les Indestructibles, Nemo, Cars, Rebelle, Woody le cow-boy… Chacun a apporté dans ses bagages son album de famille rempli d’images de sa naissance. Le tout nouveau musée des Arts Ludiques expose l’incroyable richesse des recherches graphiques des studios Pixar. Les créatures révèlent leurs créateurs… Les pastels de John Lasseter, les collages de Teddy Newton, les dessins de Carter Goodrich et les peintures numériques de Lou Romano, pour ne citer que quelques artistes, sont des petites merveilles visuelles.

John Lasseter

John Lasseter

Teddy Newton

Teddy Newton

Carter Goodrich

Carter Goodrich

Lou Romano

Lou Romano

Les images envahissent les murs des salles, chaque héros a son heure de gloire ! Une vidéo explique comment les infographistes prennent le relais, les dessins préparatoires permettent notamment la réalisation de sculptures qui serviront de modèle pour les images de synthèse. Ces sculptures en résine grise qui se déploient tout au long de l’exposition sont le contrepoint des dessins.

Carl dans "Là-haut" , 2009

Carl dans « Là-haut » de Pete Docter et Bob Petersen, 2009, Studios Pixar

Russel dans "Là-haut" de Pete Docter et Bob Petersen, 2009, Studios Pixar

Russel dans « Là-haut » de Pete Docter et Bob Petersen, 2009, Studios Pixar

L’exposition montre le travail des artistes, elle leur donne aussi la parole. Un ensemble de petites vidéos met en valeur la richesse humaine des studios Pixar, les artistes et les techniciens partagent leur passion et leur savoir… Un exemple ci-dessous avec l’explication de la genèse et du fonctionnement du zootrope dédié à Toy Story.


Lorsque je pénètre dans la salle qui est consacrée au zootrope, je suis dans un premier temps déçue ! On ne peut pas en faire le tour et il est protégé par de grosses vitres. Je m’approche. Comme un manège, le zootrope se met à tourner, il commence à prendre de la vitesse, les 18 figurines qui composent chacun des mouvements se superposent en un magma coloré. Pas top, le truc ! Et puis soudain, miracle, la lumière électrique est remplacée par la lumière stroboscopique. Pendant que les soldats en plastique envahissent le zootrope, Jessie joue avec son lasso, Buzz l’éclair caracole sur la balle de Luxo Jr, Woody galope avec Pile-Poil et Siffli le pingouin fait des acrobaties avec l’Alien extraterrestre ! Une belle illustration pour comprendre le rôle de l’obturateur au cinéma ! Tout simplement génial !


Winshluss au Musée des Arts Décoratifs

IMG_1034S’il utilise un pseudonyme pour signer son travail graphique, Vincent Paronnaud n’hésite pas à exposer sa tête. Oui, le barbu chevelu aux grosses lunettes c’est lui ! Un masque à son effigie s’inscrit dans une frise de masques issus de la collection du musée des arts déco. Entouré d’un clown gai et d’un clown triste, il annonce ainsi le ton de l’exposition, nous allons naviguer entre rire et grimace.

Vue de l'exposition © Luc Boegly

Vue de l’exposition © Luc Boegly

Si le monde de l’enfance inspire Winshluss, son innocence supposée en prend un coup. Il réactualise notamment des contes archi-connus dans des vitrines aux allures de théâtre en carton dans une série détonnante « Il était une fois ». J’ai particulièrement apprécié le sort des héroïnes, elles ne sont plus des victimes passives mais prennent les choses en main ! La petite sirène a retrouvé son intégrité physique et elle coule des jours tranquilles au fond des mers. Fascinée par sa télévision grenouille, elle n’aura pas un regard pour le prince venu la relancer en sous-marin ! Le petit Chaperon rouge a droit quant à lui à deux vitrines, sans se départir de son large sourire, il règle son compte au loup à coup de tronçonneuse. Mais ma préférée reste sans conteste la petite fille aux allumettes qui se transforme en incendiaire des temps modernes …

Vue de l’exposition © Luc Boegly

Vue de l’exposition
© Luc Boegly

J’ai aussi beaucoup aimé les deux grands dioramas. Le premier Barbapatomique nous présente un bon vieux Barbapapa mutant, ses trois yeux et ses nombreuses tentacules lui permettent de se battre vaillamment contre une attaque de petits soldats bien équipés. Dommage que les jouets ne soient pas accessibles, on a envie de continuer la scène …

Dessin préparatoire pour le diorama « Barbapatomique », 2012. Encre et feutre © Winshluss / Les Arts Décoratifs, Paris.

Dessin préparatoire pour le diorama « Barbapatomique », 2012. Encre et feutre © Winshluss / Les Arts Décoratifs, Paris.

Dans le deuxième diorama, Winshluss donne une origine biblique à la disparition des dinosaures, hilarant ! Cette idée est une reprise d’une planche de sa prochaine BD consacrée à … Dieu… qui sortira en novembre …

Winshluss, extrait de la BD "In God we trust"

Winshluss, extrait de la BD « In God we trust »

Au milieu de l’expo, une salle est dédiée à quatre de ses courts métrages d’animation. Petit rappel pour ceux qui comme moi ont une mémoire volatile, Winshluss alias Vincent Paronnaud est l’auteur de la célèbre BD Pinocchio mais aussi  co-réalisateur avec Marjane Satrapi du non moins célèbre film Persepolis.

Le premier court métrage, Raging blues, réalisé avec Ciso en 2004, est une grosse claque. Une descente aux enfers, terriblement noire, racontée avec un talent à couper le souffle. Attention, on ne sort pas indemne de ces six minutes.


La veine parodique traverse ses autres courts à l’instar de ses BD, Monsieur Ferraille est un Popeye alcoolisé  en prise avec une paire de jambes. Son dernier film, réalisé en solo en 2010, Il était une fois l’huile, s’inspire de la série mythique d’Alain Barillé Il était une fois l’homme. Si les dessins sont ronds et colorés, l’humour reste caustique !

Allez pour finir,  on se fait une petite Merolla ! En piste !


Ma nuit blanche …

Aventure d'un soir, 2013, Cai Guo-Qiang

Aventure d’un soir, 2013, Cai Guo-Qiang

Une nuit résolument sous le signe de la fête ! Une explosion de couleurs, de sons, de plaisirs partagés. Jouer à cache-cache place de la République, admirer les oeuvres de Robin Rhode, Rosa Barba, Norman McLaren… boire un p’tit verre de blanc près du canal de l’Ourcq, danser avec le petit bal de poche au 104, vibrer à l’unisson avec des milliers de personnes devant le feu d’artifice de Cai Guo-Qiang…

Fog square, 2013 de Fujiko Nakaya

Fog square, 2013 de Fujiko Nakaya

La pendule de glace de Lily Hibberd

La pendule de glace de Lily Hibberd

Fosse d'orchestre de Rosa Barba

Fosse d’orchestre de Rosa Barba

A day in May de Robin Rhode

A day in May de Robin Rhode

Canal de l'Ourcq

Canal de l’Ourcq

Projection de courts métrages de Norman MacLaren au 104

Projection de courts métrages de Norman MacLaren au 104

Aventure d'un soir de Cai Guo-Qiang

Aventure d’un soir de Cai Guo-Qiang

Koko le Clown de Max et Dave Fleischer

Modeling, 1921, Production Out of the Inkwell Films

Modeling (Modèles), 1921

Presque centenaire, Koko le Clown, revient faire le pitre sur les écrans de cinéma !

Héros d’encre et de papier, la naissance de ce personnage est intimement liée aux débuts du cinéma d’animation américain. Après avoir admiré Gertie le dinosaure de Winsor McCay, Max Fleischer n’a plus qu’une obsession, inventer une machine qui permette d’obtenir un mouvement dessiné fluide. En 1915, il met au point, avec l’aide de ses frères, le rotoscope. Cette machine permet de décalquer image par image le mouvement d’un acteur filmé en prise de vue réelle. Cette base permet ensuite d’animer un personnage dessiné.

Rotoscope, Max Fleischer, Brooklyn, NY, 6 décembre 1915

Rotoscope, Max Fleischer, Brooklyn, NY, 6 décembre 1915

Pour tester leur machine, les frères Fleischer ont besoin d’un petit film en prise de vue réelle. Dave, le plus jeune frère, joue alors devant la caméra le rôle d’un clown facétieux qui donnera naissance à Koko le Clown.

Model-sheet de Koko et Bimbo, Dick Huemer, chef-animateur des Fleischer

Model-sheet de Koko et Bimbo, Dick Huemer, chef-animateur des Fleischer

Koko le Clown est l’un des premiers personnages créés spécifiquement pour un dessin animé. Les scénarios des courts métrages, dont il est le héros, ont une structure identique. Max Fleischer, filmé en prise de vue réelle, dessine sous nos yeux Koko qui prend vie. S’ensuit une suite d’interactions entre le créateur et sa créature, chacun pénétrant tour à tour dans le monde de l’autre. Courses poursuites, métamorphoses et gags divers s’enchaînent pour notre plus grand plaisir ! Invariablement, le film se termine par le retour de Koko dans son encrier. Il est difficile de résumer les histoires des courts métrages qui composent la série Out of the inkwell (hors de l’encrier), elles ne sont souvent qu’un prétexte à repousser les limites du réel. L’une des devises de Max Fleischer était : « Si ça peut être fait dans la réalité, ce n’est pas de l’animation. » Se battre avec une mouche, voyager sur Mars, s’envoler dans une bulle de savon, narguer un géant… Tout est possible dans l’univers de Koko le Clown !

La mouche qui agace, 1919

Tantalizing fly (La mouche qui agace), 1919,

Voyage sur Mars, 1924

A trip to Mars (Voyage sur Mars), 1924

Il est temps de se coucher, 1923

Bed time(Il est temps de se coucher), 1923

Sept courts métrages du début des années 20 composent cette nouvelle diffusion sur les écrans de cinéma.                                                                                                           Même si le distributeur, Gebeka films, est spécialisé dans le cinéma jeune public, il serait dommage d’en priver les adultes, à voir sans limite d’âge !

Affiche "Koko le clown" , 2 octobre 2013

Affiche « Koko le clown » , 2 octobre 2013

« Les aventures fantastiques » de Karel Zeman

Les Aventures fantastiques de Karel Zeman, 1958

Les Aventures fantastiques de Karel Zeman, 1958

A l’ouverture du film, la voix de Simon Hart nous accueille. Ce jeune ingénieur vient de vivre une aventure extraordinaire qu’il souhaite partager avec nous, spectateurs. Sur son bureau, son journal intime côtoie une pile de livres de Jules Verne. Il en saisit un, le feuillette et nous montre de magnifiques illustrations. La caméra s’arrête sur une gravure représentant un bateau en pleine mer, subitement le bateau se met en mouvement …

Karel Zeman a adapté un roman peu connu de Jules Verne, Face au drapeau, paru en 1896 aux éditions Hetzel. L’originalité de cette adaptation cinématographique est l’intérêt porté aux illustrations de la première édition. En effet, Zeman fait vivre à l’écran les gravures de Léon Benett en combinant prise de vue réelle et technique d’animation « image par image ». Les personnages joués par des acteurs évoluent dans des décors inspirés des gravures. Le choix du noir et blanc, l’omniprésence des rayures et l’importance des surfaces plates nous indiquent que nous ne sommes pas dans la réalité mais dans un monde inventé dans lequel nous allons vivre le temps d’une projection.

Face au drapeau, Illustration de Léon Benett, 1896

Face au drapeau, Illustration de Léon Benett, 1896

Les aventures fantastiques de Karel Zeman, 1958

Les aventures fantastiques de Karel Zeman, 1958

La réussite de Zeman est qu’on oublie sa virtuosité technique pour rentrer pleinement dans le récit des Aventures fantastiques. Son adaptation est très libre, son récit est moins sombre que le roman d’origine. Le professeur Roch notamment n’est plus un inventeur mégalomane mais un savant naïf, déconnecté de la réalité. Simon Hart est le héros positif par excellence, ingénieux, droit, courageux … Zeman n’hésite pas à introduire des scènes visuellement très poétiques comme la fusion de deux poissons se transformant en papillon. Ils ponctuent aussi son récit avec des scènes humoristiques qui, si j’en crois les rires qui ont fusé dans la salle du Studio des Ursulines, fonctionnent toujours ! Il crée aussi de multiples objets aussi fabuleux les uns que les autres, un fer à repasser très original, une pince à crayon démesurée et une variété incroyable de moyens de transport. J’ai un petit faible pour le vélo sous-marin !

Le fer à repasser -canon

Le fer à repasser -canon

le vélo sous-marin

le vélo sous-marin

Cette reprise est un très beau cadeau de rentrée, merci aux Films Malavida qui ont travaillé avec le musée Karel Zeman de Prague pour nous l’offrir !

« Une histoire d’hommes » de Zep

Campagne d'affichage dans le métro, 10/09/13

Campagne d’affichage dans le métro, 10/09/13

Ok, la sortie du dernier album de Zep est hyper médiatisée alors pourquoi en rajouter une couche ? Et bien, parce que, plan marketing ou pas, la lecture des premières planches d’ « Une histoire d’hommes » sur le site web de Télérama m’a tellement accrochée que je n’avais qu’une seule envie, courir vite dans ma librairie préférée pour en connaître la suite.

Je viens de lire « Une histoire d’hommes » trois fois. J’ai d’abord été happée par l’histoire de ces quatre copains qui formaient un groupe de rock au début des années 90, les Tricky Fingers. Une émission TV foireuse a fait exploser le groupe, il se retrouve 18 ans plus tard … L’histoire se déroule le temps d’un week-end dans un manoir anglais appartenant à l’ex-chanteur du groupe, seul à avoir réussi une carrière de rock star.       De nombreux flashbacks ouvrent le huis-clos un peu étouffant de ces retrouvailles. Les personnages ne sont pas des caricatures, ils ont une vraie enveloppe, on est très vite en empathie avec eux. L’un des héros, Yvan, se perçoit comme un « authentique loser ». Autour de lui, gravitent trois hommes et deux femmes. « Histoire d’hommes », oui, mais surtout histoire de coeur, la prescription existe-t-elle dans le domaine des sentiments ?

Après une première lecture un peu frénétique, je reprends tout depuis le début pour apprécier les dessins réalistes, le jeu avec les couleurs, les cases ouvertes … Il y a effectivement un changement dans le style de Zep par rapport à ces précédents albums mais aussi de la continuité …  Son goût pour le bleu et le mauve, sa volonté de sortir des cases, son plaisir de dessiner des rockeurs, son sens des dialogues …

Titeuf 9, la loi du préau, Glénat, 2002

Titeuf 9, « la loi du préau » de Zep, Glénat, 2002

"L'enfer des concerts" et "Une histoire d'hommes" de Zep, Dupuis-1999 et Rue de Sèvres-2013

« L’enfer des concerts » et « Une histoire d’hommes » de Zep, Dupuis-1999 et Rue de Sèvres-2013

Pour accompagner la sortie de l’album, la galerie Barbier & Mathon organise une exposition des planches originales ainsi que certains essais témoignant de la recherche graphique de Zep, son storyboard et les trois versions consécutives de l’histoire. Passionnant de voir les changements de style, les choix de cadrage successifs … Surprise aussi de voir que la couleur n’est pas présente sur les planches originales. Le métier de coloriste s’est aussi informatisé, son travail n’apparaît plus sur les cimaises des galeries mais fort heureusement il reste fondamental dans l’édition du livre.

A lire ! Zep commente 3 de ses planches, passionnant ! Il révèle notamment l’importance de la photographie et du cinéma dans la construction des images et du récit …