E.T., l’extraterrestre, Cinémas 93
Je pense que tout a commencé quand j’avais 6 ou 7 ans. Mon père est venu me voir et m’a dit : « Je vais t’emmener voir the greatest show on earth, le plus grand spectacle au monde. »
Il m’a expliqué qu’il y aurait des dompteurs de lions et des numéros de cirque, des clowns et des trapézistes. Je n’aurais pas pu être plus excité, et j’ai attendu avec impatience pendant une semaine. Ce week-end là, nous avons pris la voiture et sommes allés à Philadelphie.
Il faisait très froid, nous avons fait une très longue queue contre un mur de briques rouges pendant des heures. La file avançait et je ne comprenais pas très bien, je ne voyais pas de chapiteau, juste ce mur de briques. Puis nous avons franchi de grandes portes et sommes entrés dans une grande pièce très peu éclairée, dont le plafond ressemblait à celui d’une église. Et je ne comprenais toujours pas où était le plus grand spectacle du monde. Il n’y avait pas de gradins, alors je me suis assis sur un des sièges, face à un grand rideau rouge que je n’oublierai jamais. Le rideau s’est ouvert, les lumières se sont éteintes et l’image est apparue à l’écran, un peu granuleuse. Soudain, j’ai réalisé que mon père m’avait menti. Il ne m’avait pas emmené au cirque, mais voir un film sur un cirque. C’est le premier film que j’ai vu, Sous le plus grand chapiteau du monde (the greatest show on earth), de Cecil B.DeMille.
Je crois que le sentiment de déception, de regret et de trahison n’a duré qu’une dizaine de minutes. Ensuite, je suis devenu une victime de plus de cette formidable drogue qu’est le cinéma. Ce n’était pas une église, mais bien un lieu de dévotion et d’adoration, et ces personnages que je n’avais jamais rencontrés ailleurs qu’à l’écran sont devenus ma vie. »
Steven Spielberg, extrait d’un discours donné en 2006 à Los Angeles, traduction Louis Rozier pour le journal le 1, N° 255, mercredi 23 juillet 2025
Projection-conférence :
E.T. l’extraterrestre, Steven Spielberg, 1982
Cinéma L’Étoile de la Courneuve
Mercredi 30 septembre 2026
Cinéma Le Méliès de Montreuil
Mercredi 7 octobre 2026
Cinéma Jacques Prévert d’Aulnay-sous-Bois
Mercredi 18 novembre 2026
Cinéma Malraux de Bondy
Mercredi 2 décembre 2026
Cinéma Le Bijou de Noisy-le-Grand
Mercredi 6 janvier 2027
À quelques semaines du début du tournage et après avoir auditionné des centaines d’enfants pendant des mois, Spielberg n’a toujours pas trouvé sa perle rare. Entre alors en piste le petit Henry Thomas, dix ans. En évoquant pendant l’audition, les yeux plein de larmes, la mort de son chien, il bouleverse le réalisateur, qui l’engage sur-le-champ.
Dictionnaire Spielberg, Clément Safra, Éditions Vendémiaire, 2011

Selon Kathleen Kennedy : « Spielberg a pris une décision cruciale quant au design d’un vaisseau intemporel rappelant Jules Verne. Il n’a pas essayé d’inventer un concept futuriste. Il a simplement choisi quelque chose avec quoi chacun s’identifie inconsciemment. »

